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Saad Abid Bahri

Saad Abid, sauveur de plages

Date de publication : 30 juin 2021 Rubrique : Zoom

Depuis 2010, Saad Abid et les autres militants de l’association Bahri multiplient leurs actions au profit des plages et du littoral marocains.

Fin mars 2021, Saad Abid s’est vu décerner le prix « IVLP Alumni Decade of Social Innovation and Change Award » (Prix IVLP de la décennie pour l’innovation sociale et le changement). Une distinction du département d’État américain pour son action, « contre le changement climatique et pour la protection de l’environnement. » Saad Abid a même eu l’honneur d’être félicité par John Kerry, l’actuel envoyé spécial des États-Unis pour le climat, « pour son travail en première ligne pour faire face à la crise climatique ». Il s’agit là d’une consécration de plus dans le parcours d’un homme qui a fait de la préservation de l’environnement, et des plages marocaines en particulier, la cause de sa vie. À la tête de l’association Bahri depuis 2010, Saad Abid a multiplié les actions en faveur de la protection de l’environnement. D’abord, dans le domaine de la protection des plages, mais également dans le secteur de la valorisation des déchets.

Le nettoyage des plages, Saad Abid et sa bande s’en sont fait une spécialité. L’association est en effet connue pour avoir organisé une soixantaine d’opérations de ce genre depuis octobre 2010. La dernière en date a eu lieu le 8 mai dernier sur la plage casablancaise de Madame Choual, deux semaines après la précédente, qui a eu lieu sur cette même plage. « Nous nous occupons des gants et sacs, venez en famille, entre amis ou avec des collaborateurs », pouvait-on lire sur un des « posts » de l’association. Lors d’une seule opération de nettoyage, Bahri a même réussi à battre un record en réunissant plus de 5 400 personnes. Parallèlement aux actions de terrain, Saad Abid et les volontaires de l’association Bahri travaillent à la sensibilisation des jeunes et des enfants à la préservation des plages, notamment dans les écoles marocaines.

Une conscience grâce au surf

Avant de se lancer dans l’aventure Bahri, Saad Abid a tout d’abord passé une dizaine d’années au Canada où il a poursuivi des études supérieures ai sein de la John Molson School of Business de l’université Concordia à Montréal. Son amour des plages et des océans, il le doit au surf et au snowboard, disciplines où il décroche plusieurs trophées au Maroc et à l’international. Sa passion lui fait traquer les vagues à travers les spots de surf de tout le pays. C’est à cette occasion qu’il a pu constater l’état déplorable de nombreuses plages marocaines et prendre conscience l’urgence d’y remédier. C’est ainsi que l’association Bahri a vu le jour.

Aujourd’hui, l’association a, à son actif, bon nombre d’initiatives, dont un projet de distribution de vélos électriques au profit des chiffonniers marocains ou encore la fabrication de bancs à base de déchets et de pneus.

Hicham Houdaïfa

L’algoculture, de belles perspectives pour les pêcheurs artisans

La première ferme d’algoculture au Maroc a vu le jour en 2013 dans la région de Nador, à Marchica, dans le cadre du programme de la Gestion Intégrée des Zones Côtières du Royaume du Maroc (GIZC). Un programme mené par l’Agence Nationale pour le Développement de l’Aquaculture (ANDA) avec le soutien financier de la Banque mondiale. Cette ferme d’algoculture a la particularité d’être gérée par une coopérative de pêcheurs artisans. L’objectif est notamment de leur permettre de diversifier leurs activités et d’améliorer leurs revenus tout en atténuant la pression sur le stock de poissons. L’initiative vise également la mise sur le marché d’un produit de qualité grâce à un contrôle sanitaire effectué au niveau des élevages, la préservation des gisements naturels d’algues ainsi que le développement de l’algoculture au Maroc. À terme, la coopérative devrait s’étendre sur 11 hectares avec une capacité de production de 3 000 tonnes d’algues rouges par an. C’est la variété Gracilaria Gracilis qui est produite à Marchica en utilisant la technique de culture sur filets suspendus par des piquets. Sept semaines après le lancement de la production, les algues sont séchées et vendues à des industriels locaux. D’autres projets sont prévus à Dakhla et à Agadir.