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Le secteur public accélère aussi

Date de publication : 29 mars 2021 Rubrique : Zoom

Après une décennie de développement à plusieurs vitesses, la digitalisation du service public semble bénéficier de la montée en puissance de l’Agence de Développement du Digital et d’une accélération liée à la pandémie de Covid-19.

Pendant plusieurs années, la transformation digitale du secteur public a oscillé entre la progression exemplaire de certaines administrations et le retard accumulé par d’autres. Mais, depuis un an, un rattrapage semble se profiler, notamment pour s’adapter aux contraintes liées à la situation sanitaire.

La DGI à l’avant-garde

Parmi les administrations particulièrement avancées, la Direction Générale des Impôts (DGI) affichait jusqu’en 2020 des résultats très encourageants. Ainsi, en 2019, elle a enregistré 14,71 millions d’opérations dématérialisées, soit une augmentation de 47 % par rapport à l’année précédente. Quant au nombre d’opérations télépayées, il a progressé de 215 % depuis 2016, pour atteindre 7,79 millions. Et nul doute que le rapport d’activité 2020 affichera aussi de nombreux progrès, renforcés par les mesures adoptées en raison du contexte sanitaire. De même, en 2021, la tendance se poursuivra encore, puisque la DGI vient d’annoncer de nouveaux services digitalisés, tels que la prise de rendez-vous en ligne et la « e-réclamation » pour les usagers.

PortNet, une démarche exemplaire

Initiée en 2008 par l’Agence Nationale des Ports, l’initiative PortNet a lancé en 2012 le Guichet Unique National de facilitation de l’ensemble des procédures portuaires et du commerce. Grâce à la mise en place de 120 services en ligne, la plateforme a dépassé les 50 000 utilisateurs, incluant plus de 45 000 importateurs et exportateurs, 1 500 transitaires, 20 banques et plus de 43 administrations. Véritable modèle de transformation digitale, PortNet poursuit aujourd’hui sa démarche de dématérialisation, toujours en partenariat avec d’autres acteurs institutionnels. Ainsi, en février dernier, une convention a été signée avec l’ASMEX (Association Marocaine des Exportateurs) en vue de renforcer la digitalisation et la promotion de l’offre exportable au Maroc à travers le déploiement de solutions innovantes.

Les ambitieux projets de l’ADD

Accélérer la transformation des administrations publiques est l’un des principaux rôles de l’Agence de Développement du Digital (ADD). Créée en 2017, comme organe d’exécution dans le domaine de l’E-Gov, l’agence porte aujourd’hui de nombreux projets fondamentaux pour la digitalisation du secteur public (lire ci-après l’entretien avec Mohammed Drissi Melyani, son Directeur). Les solutions qu’elle propose remportent un vrai succès, notamment depuis un an : le Bureau d’Ordre Digital et le Parapheur Électronique ont été ainsi adoptés par un millier d’administrations, alors que seule une trentaine en bénéficiait début 2020. Pour aller plus loin, l’ADD travaille sur la mise en place de la Plateforme d’échange de données qui consiste à interconnecter les systèmes d’information des différentes administrations et institutions publiques au profit des citoyens et des entreprises.

Des initiatives qui portent leurs fruits, puisqu’un nombre croissant d’organismes publics rejoignent le mouvement. Ainsi, il y a quelques mois, l’ANAPEC a signé une convention de partenariat avec l’ADD pour promouvoir sa transformation digitale.

Des efforts encore attendus

Néanmoins, les retards accumulés depuis une décennie ne sont pas tous comblés et de nombreuses administrations doivent encore faire leur mue. Lors d’un webinaire organisé par la CFCIM en février dernier, plusieurs acteurs économiques ont regretté les lacunes de l’administration en ce qui concerne notamment la dématérialisation des procédures. C’est par exemple le cas de la création en ligne des entreprises : un projet qui semble à l’arrêt depuis un an, sans réelle explication.

La loi 55.19 relative à la simplification des procédures et des formalités administratives, qui est entrée en vigueur le 28 septembre 2020, devrait participer à l’accélération de la transformation digitale. Elle oblige en effet les administrations à contribuer pleinement au portail national des Procédures et des Formalités Administratives, qui sera lancé dans quelques semaines.

Les prochains mois devraient donc être marqués par de nouvelles avancées concrètes, facilitant les démarches des entreprises et des citoyens. Une progression bienvenue dans un contexte où les déplacements au sein du Royaume sont encore limités en raison de la pandémie de Covid-19.

Thomas Brun