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Caddie Covid

Les consommateurs en temps de pandémie

Date de publication : 5 mars 2021 Rubrique : Zoom

Hausse de prix des produits tels que les gels hydroalcooliques ou les masques, fraudes sur le net… ces derniers mois, le consommateur marocain a dû faire face, en plus de la pandémie, à des situations diverses.

La pandémie de la Covid-19 a eu des conséquences dramatiques sur l’économie marocaine, mais également sur le consommateur. Un constat effectué dès les premiers jours qui ont suivi la déclaration de l’état d’urgence sanitaire sur le territoire national par le Gouvernement en mars dernier. Cette annonce s’est en effet traduite par un mouvement de panique des consommateurs qui se sont rués vers les points de vente de produits de grande consommation.

« Lors de notre travail de terrain, nous avons constaté des hausses de prix injustifiées de quelques produits notamment des gants, des masques et des gels hydroalcooliques », souligne Ouadie Madih, Président de la Fédération Nationale des Associations du Consommateur. Une hausse qui a poussé les autorités à fixer certains prix comme celui des masques dans les pharmacies et les grandes surfaces. Les semaines de confinement étaient également caractérisées par des cas de fraudes, en particulier la vente de masques et de produits désinfectants non conformes aux normes de qualité en vigueur. Les augmentations de prix ont concerné aussi des produits alimentaires non réglementés tels que les légumes, les fruits…

Les risques du e-shopping

Le confinement s’est traduit également par le changement des habitudes des consommateurs qui ont opté, de plus en plus, pour les services de livraison à domicile, notamment par le biais du net, avec à la clé d’autres pratiques commerciales trompeuses. Conscients du potentiel des réseaux sociaux, des commerces ont proposé des services sur Facebook pour la livraison de fruits et légumes, de prêt-à-porter, de jouets, de bonbonnes de gaz ou encore de poissons frais.

Un nombre important de consommateurs ont été floués ou induits en erreur. « J’ai eu le malheur de commander une robe d’un site de vente sur Facebook. La photo montrait une très belle robe, le contraire de ce que contenait le colis que j’ai reçu avec deux semaines de retard et après plusieurs coups de téléphone au fournisseur », déplore Fédoua, Professeure de français. D’autres n’ont même pas eu l’occasion d’avoir un interlocuteur au bout du fil. C’est le cas de Mohamed qui a commandé et payé en ligne une tablette : « Après avoir attendu plusieurs jours, j’ai appelé, le numéro ne répondait plus. C’était le seul moyen de les contacter. »

Mauvaises surprises

D’autres problèmes ont surgi notamment, en ce qui concerne les factures d’eau et d’électricité. À Casablanca par exemple, les consommateurs se sont plaints de la manière avec laquelle Lydec a géré la période du confinement. « J’ai reçu une facture astronomique qui n’avait absolument rien à voir avec ce que je payais d’habitude.

Durant le confinement, des commerces ont proposé des services sur Facebook pour la livraison de fruits et légumes, de prêt-à-porter, de jouets, de bonbonnes de gaz ou encore de poissons frais. Un nombre important de consommateurs ont été floués ou induits en erreur.

C’était d’autant plus inacceptable que cela coïncidait avec la perte de mon emploi », explique Youssef, cadre dans un hôtel de la capitale économique.

De son côté, Lydec a déclaré dans un communiqué daté du 6 juin dernier que la lecture des consommations d’eau et d’électricité sur les compteurs a été suspendue durant la période de confinement sanitaire. C’est pourquoi il a été « procédé à l’estimation des consommations de ses clients en se référant à l’historique de consommation de la même période des deux dernières années 2018 et 2019, et ce conformément aux directives nationales ». L’opérateur indique qu’il a repris la relève des compteurs à partir du 1er juin et qu’il a ensuite entrepris la régularisation des factures des clients sur la base de leurs consommations réelles, « en veillant au strict respect des tranches tarifaires ». Lydec a toutefois assuré dans ce même communiqué que, consciente de la situation financière difficile de certains clients, l’entreprise « reste solidaire et pourra accorder, au cas par cas et à titre exceptionnel, à ceux qui le souhaiteraient des facilités de paiement ».

Autre grand dossier durant le confinement, le paiement des écoles privées. Des parents qui ont payé l’intégralité de leur mensualité ont eu du mal à faire valoir leurs droits auprès des écoles. « Pendant plusieurs semaines après le confinement, l’école de ma fille de cinq ans n’a pas pu mettre en place les cours à distance. Mais, j’ai dû quand même payer la totalité des frais », déplore Maria, une maman.

Hicham Houdaïfa