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Jean-Pascal Darriet

Interview de Jean-Pascal Darriet

Date de publication : 16 octobre 2020 Rubrique : Zoom

« Nous voulions un ancrage territorial plus fort »

Interview de Jean-Pascal Darriet, Président de la CFCIM

 

Conjoncture : Pourquoi l’École française des affaires a-t-elle changé de nom pour devenir l’École supérieure des affaires de Casablanca ?

Jean-Pascal Darriet : C’est le démarrage d’un projet de transformation de l’école. Nous avons déjà un ancrage territorial au Maroc, que nous réaffirmons. Cela s’incarne à partir de cette année dans la reconnaissance du diplôme de l’école par le Ministère marocain de l’Éducation Nationale, de la Formation Professionnelle, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, qui s’ajoute à la diplomation française dont nous sommes très fiers. À cette occasion, nous avons considéré qu’il fallait changer de nom, pour que l’École française des affaires (EFA) devienne l’École Supérieure des Affaires de Casablanca (ESA). C’est le premier pilier de cette transformation.

Que prévoit cette transformation ?

Son premier pilier, c’est l’ancrage territorial que j’évoquais. Le deuxième pilier est l’ancrage entrepreneurial. L’ESA, c’est avant tout une formation qui a été proposée et développée par la CFCIM. Elle a vocation à préparer et apporter des compétences à ses adhérents. Désormais,àpartirdelarentrée,touslesétudiantsaurontunmentoridentifié parmi les sociétés adhérentes. Cela permet de créer un lien entre l’étudiant et le chef d’entreprise ou la personne qu’il aura désignée. Ce lien vise non pas à constituer une porte d’entrée pour un futur emploi, même si ce peut être une opportunité, mais à accompagner l’étudiant pendant tout le cursus. À travers les échanges avec son mentor, l’étudiant pourra développer son savoir-être et sa compréhension du monde de l’entreprise. Nous demandons à ce qu’il y ait au moins un contact par mois.

Ce pilier d’ancrage entrepreneurial se matérialise aussi par le stage obligatoire, qu’il faut voir comme une opportunité, une capacité de comprendre l’entreprise, de l’apprécier et d’y trouver sa place. C’est une véritable expérience professionnelle, qui apparaît sur le CV.

Enfin, même si je ne privilégie pas cet aspect, mais les étudiants et les parents y accordent de l’importance bien sûr : s’inscrire à l’ESA, c’est la garantie d’obtenir un emploi. Car les 5000 adhérents de la Chambre recherchent des talents, qui mêlent savoir-faire et savoir-être. Les entreprises de la CFCIM représentent ainsi un bassin d’emplois de 400 000 personnes.

Et le dernier pilier ?

Nousconsidéronsqu’ilfautquechaqueétudiantpuisseseprépareràlavieen société. Pour cela, il faut s’engager dans le développement social, sociétal, environnemental. C’est un engagement citoyen. De quelle manière ? En partenariat avec des associations caritatives, nous proposerons à chaque étudiant de s’engager plusieurs jours chaque année dans des actions de mécénat.

Quels sont les diplômes délivrés par l’ESA ?

C’est une formation de trois années de type équivalent Bachelor qui est dorénavant proposée à nos étudiants, dont deux ans de tronc commun et une année de spécialisation. Le diplôme a trois spécialisations : ressources humaines, commercial, et management et gestion. Ce sont des secteurs-clefs pour la vie de l’entreprise. Même si la tendance n’est pas à la croissance, elle reviendra. Le diplôme est délivré en partenariat avec l’Université Gustave-Eiffel, sous l’égide de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Seine-et-Marne.

Quel est le taux d’emploi des anciens étudiants de l’école ?

À peu près la moitié de nos étudiants poursuivent leurs études. Et l’autre moitié a trouvé un emploi. Il y a toujours des cas où un étudiant est entre un emploi précédent et un suivant, donc ce n’est jamais 100 %. Mais leur employabilité est historiquement forte et je ne doute pas que, avec la transformation qui a été lancée, nous pourrons encore l’améliorer, si tant est qu’on le puisse.

Quel a été l’impact de la crise du Covid-19 sur l’école ?

Nous avons subi, comme tout le monde, cette pandémie. Nous nous sommes adaptés et nos équipes ont fait un travail remarquable. L’école s’est mobilisée pour que, en huit jours, nous ayons été capables de basculer d’un système d’éducation en présentiel rodé à un système en visioconférence. Au bout d’une quinzaine de jours, tous les étudiants avaient basculé sur ce système. Ce n’est pas si facile, et c’est une grande fierté.

Nous nous effrayons de voir la période de déconfinement durer plus longtemps que prévu, mais nous sommes armés pour l’affronter. Au pire, nous nous organiserons en distanciel et, au mieux, en présentiel, et nous nous réservons la possibilité de faire un mix des deux.

Combien coûte la scolarité à l’ESA ?

Les frais de scolarité s’élèvent à 46 000 dirhams pour une année. Mais nous avons tenu compte d’un impératif social. Nous avons demandé à nos entreprises adhérentes d’accompagner les étudiants dans les situations les plus délicates. Elles prennent en charge la moitié des frais de scolarité. Une vingtaine de sociétés s’y est déjà engagée. C’est une grande fierté parce que ce dispositif fonctionne et qu’il répond à un vrai besoin. Cela permet à des jeunes, des talents, de poursuivre des études de qualité, faute de quoi ils auraient malheureusement dû abandonner tout espoir.