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Une rentrée universitaire bousculée par le Covid-19

Date de publication : 16 octobre 2020 Rubrique : Zoom

Après avoir dû adopter l’enseignement à distance en urgence au mois de mars, les établissements d’enseignement supérieur vont mettre en œuvre un enseignement hybride. La crise du Covid-19 pourrait accélérer l’adoption du numérique par les universités.

Enseignement à distance, examens du printemps reportés à septembre, incertitude sur la rentrée 2020-2021… Comme tous les secteurs de la société, l’enseignement supérieur a subi de plein fouet la crise du Covid-19. Celle-ci a imposé des adaptations en urgence suite à l’instauration de l’état d’urgence en mars. « Au niveau de l’enseignement supérieur, la pédagogie numérique et les TIC sont clairement bien implantées, tant auprès des enseignants que des étudiants. La mise en place de l’enseignement à distance s’est donc effectuée tout naturellement, en réponse à la suspension des cours en présentiel », indiquait le Ministre de l’Éducation Nationale, de la Formation Professionnelle, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Saaid Amzazi, invité de Conjoncture le mois dernier.

En août, le Ministre avait annoncé que la rentrée universitaire se tiendrait mi-octobre et que les étudiants auraient le choix entre l’enseignement à distance en groupes restreints et le présentiel. Le modèle pédagogique pourrait ensuite être adapté au niveau de chaque établissement selon l’évolution de la situation épidémiologique.

Les étudiants peu satisfaits de l’enseignement à distance

En clair, les universités et écoles vont devoir continuer à assurer des cours à distance, au moins partiellement. L’adoption de ce système n’a pourtant pas été sans difficulté. En mai, une enquête dont les résultats ont été publiés dans Conjoncture (voir numéro 1027) montrait que 79 % des étudiants étaient peu ou pas satisfaits des enseignements à distance pendant le confinement.

« L’université était déjà en crise et nous avons été obligés d’adopter très rapidement de nouvelles formes d’enseignement. Personne n’était préparé », commente Taoufik Benkaraache, coordinateur de l’étude et Professeur à la Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales de Mohammedia.

Dans un rapport consacré aux établissements à accès ouvert (composante de l’université sans sélection à l’entrée), le Conseil Supérieur de l’Enseignement, de la Formation et de la Recherche Scientifique (CSEFRS) jugeait en 2018 que « [malgré] les efforts fournis par les universités marocaines […], le constat est que le numérique n’est pas encore érigé au niveau de projet structurant de l’enseignement supérieur ».

La crise du Covid-19 pourrait donc être l’occasion de mettre le numérique au cœur du système de l’enseignement supérieur. « Nous sommes en train de nous équiper de manière à assurer un enseignement hybride, en partie à distance, en partie en présence. Les cours seront retransmis en direct », explique Abdellatif Komat, Doyen de la Faculté de Sciences Juridiques, Économiques et Sociales de Casablanca.

Des examens à distance à Casablanca

Début septembre, les autorités ont décidé d’imposer d’importantes restrictions à Casablanca pour lutter contre la recrudescence des cas de Covid-19. La Faculté d’Abdellatif Komat a ainsi dû, pour la première fois, organiser des examens à distance. « Nous avions beaucoup d’appréhensions, mais nous avons pu atteindre une connectivité de 90-95 % des étudiants. C’est une performance, étant donné que les étudiants de notre faculté n’ont pas beaucoup de moyens », indique-t-il. Accueillant 27 000 étudiants, l’établissement est la plus grande faculté de la métropole, selon Abdellatik Komat. « Nous sommes une faculté de masses et nous avons toujours voulu investir dans l’enseignement à distance, qui peut être une solution pour mieux accueillir nos étudiants, explique-t-il. Quand la situation retournera à la normale, nous voulons continuer à mettre en œuvre l’enseignement à distance ».

Rémy Pigaglio