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Situation épidémiologique tendue et reprise économique entravée

Date de publication : 15 octobre 2020 Rubrique : Echos Maroc

De nombreuses restrictions restent en vigueur dans le but de freiner le regain de l’épidémie de nouveau coronavirus au Maroc. Logiquement, les prévisions de croissance ont été revues à la baisse. Pour le Gouvernement, l’heure est à la préparation de la relance.

Plus de six mois après l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, le Maroc continue de faire face à une situation épidémiologique tendue, à l’instar de ses voisins maghrébins et européens. Le 20 septembre, le Royaume a dépassé les 100 000 cas recensés de nouveau coronavirus. Le nombre de nouvelles infections et décès, s’il est important, reste en revanche stable. Le 6 octobre dernier, le pays dénombrait 137 249 cas de Covid-19 et 2 410 décès.

De nombreuses restrictions sont maintenues pour freiner la propagation du virus. Les mesures instaurées début septembre dans la capitale économique Casablanca (interdiction d’entrer et de sortir de la ville, fermetures anticipées des marchés, restaurants et cafés, couvre-feu, enseignement à distance…) sont ainsi toujours en vigueur, à l’exception de l’enseignement à distance qui n’est plus imposé. La plus grande ville du pays concentre la majorité des nouvelles infections. Plusieurs villes ont fait l’objet du même type de restrictions : Khénifra, Youssoufia, Jerada…

-6,3 % de croissance en 2020 selon BAM

Malgré ces restrictions, depuis le 6 septembre, il est désormais possible pour les étrangers non résidents de se rendre au Maroc à la seule condition de disposer d’une réservation d’hôtel ou d’une invitation d’une entreprise. Depuis fin septembre, le test sérologique négatif n’est plus réclamé. Seul un test PCR négatif de moins de 72 heures est demandé à l’arrivée dans le pays.

En toute logique, la persistance des restrictions dans le pays et le développement de l’épidémie dans le monde continuent à peser sur l’économie marocaine, malgré la reprise opérée à partir du mois de juin. Le 22 septembre, Bank Al-Maghrib a revu sa prévision de croissance et l’estime à -6,3 % pour 2020 alors qu’elle l’anticipait à -5,2 % en juin. La banque centrale mise sur une croissance de 4,7 % en 2021.

De son côté, le Ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, Mohamed Benchaâboun, a indiqué fin septembre que le projet de Loi de Finances 2021 se basait sur une hypothèse de croissance de 4,8 % l’an prochain. Pour 2020, il l’estime à -5,8 %. Le projet prévoit une augmentation des dépenses de 33 milliards de dirhams, selon le Ministre relayé par l’agence MAP. 14,6 milliards de dirhams seront notamment consacrés aux projets annoncés en juillet lors du discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI (généralisation de la couverture sociale, plan de relance et réforme du secteur public) et 5 milliards de dirhams seront alloués à l’éducation et la santé.

Deux nouveaux contrats-programmes

À plus court terme, le Comité de Veille Économique a décidé de mettre en place de nouvelles mesures de soutien à l’économie au cours de sa réunion du 5 octobre dernier. Une variante du produit de garantie Damane Relance a été annoncée : Damane Relance Promotion immobilière. Deux contrats-programmes ont par ailleurs été conclus pour la relance du secteur de l’événementiel et des traiteurs et celui des parcs d’attraction et jeux. Jusqu’ici, seul un contrat-programme consacré au tourisme avait été signé en août. En Europe, le regain d’intensité de l’épidémie s’est confirmé ces dernières semaines, augmentant la pression sur les systèmes de santé. Le recours à un confinement généralisé semble écarté et les autorités ont soumis les zones les plus touchées à des restrictions. Ainsi, les déplacements dans la capitale espagnole Madrid sont strictement limités depuis début octobre.

En France, les deux plus grandes villes du pays, Paris et Marseille, se sont vu imposer des mesures sévères (fermeture des bars, fermeture anticipée des restaurants, limitation des rassemblements…). Du côté du Moyen-Orient, Israël est devenu mi-septembre le premier pays à instaurer un deuxième confinement généralisé face à l’augmentation du nombre d’infections.

États-Unis et Brésil, pays les plus endeuillés

L’Amérique est néanmoins le continent où l’épidémie est la plus dévastatrice. Les États-Unis restent, de loin, le pays le plus touché par l’épidémie avec près de 7,5 millions d’infections et 211 000 décès. Le président Donald Trump ainsi qu’une grande partie de son entourage ont notamment été infectés, en plein milieu de la campagne électorale pour l’élection présidentielle prévue en novembre. Le Brésil est le deuxième pays le plus endeuillé de la planète, avec près de 150 000 morts.

Début septembre, l’Inde est devenue le deuxième pays le plus affecté, avec aujourd’hui 6,7 millions de cas et 104 000 décès. En Afrique, en revanche, l’épidémie semble ralentir. Fin septembre, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) indiquait que près d’une trentaine de pays africains avaient enregistré une baisse des nouveaux cas, contre une quinzaine qui ont connu une augmentation. Une analyse préliminaire de l’OMS a montré que 80 % des cas sur le continent seraient asymptomatiques. Selon la Dr Matshidiso Moeti, Directrice du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, « [à] partir de mars, les gouvernements ont rapidement mis en place des restrictions de mouvement et de rassemblement, ce qui a créé une opportunité de maintenir un faible nombre de cas et de renforcer les capacités de santé publique ».

Rémy Pigaglio