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La tendance des réseaux sociaux au Maroc

Date de publication : 30 juillet 2020 Rubrique : Zoom

Avec l’émergence du numérique ces dernières années, faire l’impasse sur les réseaux sociaux est aujourd’hui inenvisageable pour les entreprises. Les bénéfices et opportunités qu’offrent ces nouveaux médias sont indéniables. Toutefois, pour pouvoir profiter pleinement de leur potentiel et optimiser ses chances de succès, il est nécessaire de bien cibler chaque canal. Détails.

Twitter, Instagram, Facebook, LinkedIn, Pinterest… la liste des réseaux sociaux est longue. En intégrant les « social media », les entreprises peuvent aujourd’hui être à l’écoute de toutes les tendances, être au cœur des conversations et ainsi identifier les signaux faibles.

Bouazza Kherrati, Président de la Fédération Marocaine des Droits du Consommateur, en est convaincu : « Les réseaux sociaux offrent aux entreprises des informations gratuites. Tout professionnel averti doit s’inspirer et s’informer sur les réseaux sociaux pour s’améliorer ou corriger son positionnement ».

Les bénéfices pour les entreprises sont en effet nombreux. La surveillance des réseaux sociaux leur donne la possibilité d’analyser leur marché dans sa globalité. En plus des sources traditionnelles, elles peuvent surveiller les activités des concurrents, fournisseurs et clients. Les réseaux sociaux constituent par ailleurs une source incontournable pour détecter ou confirmer de nouvelles tendances en parallèle des recherches traditionnelles sur des sources ouvertes ou des bases spécialisées (études de marché, veille concurrentielle…).

Il s’agit aussi d’un formidable outil pour mesurer et décrypter le ressenti des consommateurs et pour identifier les mouvements de « bad buzz » qui peuvent prendre de l’ampleur. De plus, avec les réseaux sociaux, les entreprises ont la possibilité de fédérer une communauté. « Les opportunités que les réseaux sociaux et la “social data” ont apportées aux entreprises sont indéniables. Cela leur permet d’avoir une meilleure connaissance de leur audience et donc de leur clientèle potentielle, mais aussi de ses attentes, de ses réactions…

Certaines marques ont même élaboré des produits à partir des remontées sur les réseaux sociaux tandis que d’autres en ont retiré du marché pour ces mêmes raisons », explique Yasmina Belhasen, Fondatrice de Mayadigital et experte dans le domaine du digital. Selon elle, les réseaux sociaux offrent également aux annonceurs un canal de contact direct avec leurs clients, sans intermédiaire, et leur permettent ainsi de garder un meilleur contrôle de la communication. Autres avantages, la « prise de température » du marché qui est instantanée et surtout la forte visibilité que l’on peut gagner à des coûts très inférieurs aux médias classiques. « En fait, chaque marque, à travers ses réseaux sociaux, devient son propre média », conclut Yasmina Belhasen.

En revanche, s’il est aujourd’hui compliqué, voire impossible, pour une entreprise de se passer des réseaux sociaux, cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille être présent partout. Dans un contexte où le nombre d’utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux augmente et où les techniques de ciblage sont de plus en plus précises, le choix de la plateforme est la première question que tout responsable marketing doit se poser. Ce choix est tributaire de plusieurs paramètres notamment les profils types d’utilisateurs de chaque plateforme ou encore les types de contenu qui y sont diffusés.

6 heures et 43 minutes passées en moyenne sur internet chaque jour dans le monde

Pour aider les entreprises à faire le bon choix, de nombreux rapports et études sont régulièrement publiés et mettent en lumière la place qu’occupent les réseaux sociaux dans le quotidien des utilisateurs, mais aussi les nouvelles tendances, les règles à suivre pour éviter les bad buzz… Ces différentes analyses permettent ainsi aux entreprises de mieux préparer leurs stratégies de communication et de marketing.

Selon le rapport Digital 2020*, dévoilé en février dernier par We are Social en partenariat avec Hootsuite (plateforme de gestion des médias sociaux la plus utilisée au monde réunissant plus de 18 millions d’utilisateurs), internet compte 4,54 milliards d’utilisateurs en 2020, soit une augmentation de 7 % (298 millions de nouveaux utilisateurs) par rapport à 2019.

Les internautes marocains passent en moyenne quotidiennement 3 heures et 31 minutes sur internet via leurs appareils mobiles et 2 h 25 sur les réseaux sociaux quel que soit l’appareil de connexion.

60 % de la population mondiale est désormais en ligne. Pour ce qui est des réseaux sociaux, on dénombre plus de 3,8 milliards d’utilisateurs en janvier 2020, un chiffre qui a progressé de plus de 9 % (321 millions de nouveaux usagers) par rapport à l’année dernière à la même période. En moyenne, un internaute passe 6 heures et 43 minutes en ligne chaque jour. C’est 3 minutes de moins qu’en 2019, mais cela représente tout de même plus de 100 jours de temps de connexion par internaute et par an. Si l’on s’accorde 8 h de sommeil par jour, cela signifie que nous passons actuellement plus de 40 % de notre vie « éveillée » sur le web.

Le temps passé sur internet varie d’un pays à l’autre. Ainsi les habitants des Philippines sont en tête du classement, avec une moyenne de 9 heures et 45 minutes par jour en ligne, dont 4 heures sur les médias sociaux. L’Afrique du Sud vient en 2e position, avec une moyenne quotidienne de 9 h 22 en termes de temps passé sur internet, suivi du Brésil (9 h 17) et de la Colombie (9 h 10). Les Égyptiens se connectent quant à eux 7 h 21 par jour, contre 6 h 42 aux États-Unis et 5 h 8 en France. Pour leur part, les internautes marocains passent quotidiennement 3 heures et 31 minutes en moyenne sur le web via leurs appareils mobiles et 2 h 25 sur les réseaux sociaux quel que soit l’appareil de connexion. Parmi les plateformes les plus utilisées au monde, figurent sans grande surprise : Facebook, YouTube et WhatsApp.

WhatsApp, l’appli préférée des Marocains

Au Maroc, toujours selon le rapport Digital 2020, c’est l’application WhatsApp qui se retrouve en tête du classement. Dans son baromètre des principaux réseaux sociaux au Maroc à fin janvier 2020, Sunergia Group confirme également ce résultat.

WhatsApp se place en effet en tête avec 65 % des répondants, suivie de Facebook (53 %), Instagram (26 %), Snapchat (14 %), Twitter (5 %), LinkedIn (2 %), TikTok (5 %), et Pinterest. Les enquêteurs de Sunergia précisent que même si WhatsApp (qui appartient à Facebook) n’est pas un réseau social à proprement parler, ils ont choisi de l’intégrer à leur questionnaire, car elle est souvent considérée comme telle par les utilisateurs marocains.

Basée sur un échantillon de 1 000 personnes, l’étude de Sunergia Group a aussi permis de dessiner les profils de trois groupes d’utilisateurs : les multiusers (présents sur au moins trois réseaux sociaux) qui représentent 25 % des interrogés, les personnes qui utilisent uniquement Facebook et WhatsApp (23 %) et enfin les internautes présents exclusivement sur un seul réseau social (19 % des sondés).

Il ressort de l’étude que, selon les plateformes, les principaux critères discriminants entre les profils d’utilisateurs sont le sexe, la tranche d’âge, et la CSP et profession.

Les multiusers seraient des millenials âgés de 18 à 34 ans principalement célibataires et universitaires de CSP A/B (catégories supérieures), habitant dans les régions de Casablanca-Settat-El Jadida et de Rabat-Salé-Kénitra. Les utilisateurs présents uniquement sur Facebook et WhatsApp sont principalement des hommes âgés de 25 à 34 ans ayant étudié jusqu’au collège et CSP C habitant dans les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et de Souss-Massa. Enfin les « exclusifs » sont généralement des femmes âgées de 45 à 64 ans, mariées, de CSP C et habitant dans la région de Marrakech-Safi. Sunergia Group constate en outre qu’Instagram, Snapchat et TikTok sont principalement utilisées par les femmes, les jeunes âgées de 18 à 24 ans, les étudiants, les habitants de Rabat-Salé et le Grand Casablanca, et les personnes de CSP C. LinkedIn et Twitter intéressent davantage les 25-34 ans, les CSP A/B et les cadres supérieurs.

Une utilisation exponentielle depuis la crise du coronavirus

Avec l’arrivée de la pandémie de Covid-19 en mars dernier, tout a été remis en question. Les habitudes de consommation ont changé et la tendance digitale, déjà bien installée, s’est accélérée de manière exponentielle. Face à l’annulation des campagnes de communication et des lancements de produits, ainsi que face à la baisse des budgets marketing et publicité, les entreprises ont dû redoubler de créativité pour s’adapter à la situation et essayer de capter l’attention des consommateurs.

Si l’on en croit les chiffres du rapport intitulé « Le numérique dans le monde en avril 2020 », publié par We Are Social et Hootsuite, les annonceurs peuvent désormais atteindre plus de 2 milliards de personnes en utilisant des publicités sur Facebook.

Selon les chiffres de Twitter, les annonceurs peuvent désormais toucher 47 millions de personnes supplémentaires sur leur plateforme par rapport à janvier 2020, ce qui équivaut à une augmentation de 14 % d’un trimestre à l’autre L’audience d’Instagram est aussi en augmentation : elle enregistre une hausse de 4,5 % depuis le début de l’année. L’audience publicitaire de Snapchat a pour sa part progressé de 4,2 % au cours de la même période.

Outre l’accroissement de l’audience des plateformes, les utilisateurs cliquent également sur un plus grand nombre d’annonces. Facebook a par exemple comptabilisé plus de 3,5 milliards de clics supplémentaires sur ses publicités en mars 2020 par rapport à décembre 2019. Au vu de ces chiffres et de la baisse générale sur les budgets publicitaires, il va sans dire que les opportunités offertes par la publicité numérique peuvent être particulièrement convaincantes. Grâce à son agilité, à sa rapidité d’exécution et à sa flexibilité, le marketing digital, notamment sur le plan du coût, est sans aucun doute la solution idéale pour aider les entreprises à survivre et à maintenir l’activité.

Dounia Zineb Mseffer

Chiffres clés

  • 22,5 millions d’internautes au Maroc, soit un taux de pénétration de 62%
  • 17 millions d’utilisateurs de réseaux sociaux soit un taux de pénétration de 47 %
  • 16 millions de social media users qui se connectent via mobile, soit un taux de pénétration de 44 %

MarketplaceMarketplace : la « joutia » de Facebook

Depuis 2016, Facebook a mis en place un nouveau service pour ses utilisateurs, un coin « petites annonces ». Avec plus de deux milliards d’utilisateurs actifs tous les mois, Facebook pourrait bien détrôner les sites de petites annonces traditionnelles. Cette nouvelle plateforme est dédiée au troc et aux achats entre particuliers.

Derrière chaque transaction en ligne se trouve une personne réelle disposant d’un réseau d’amis et d’un historique sur les réseaux sociaux. Cette marketplace a été inspirée des groupes de vente qui n’ont cessé de fleurir sur Facebook depuis quelques années. Ces groupes vendant des accessoires, des vêtements, des chaussures sont apparus tout doucement pour finalement réunir presque 550 millions de membres. Une fois de plus, Facebook a misé sur une interface simple, épurée et ergonomique pour les utilisateurs.

En effet, une photo, un prix et une description suffisent pour mettre en vente le produit. L’application Messenger fait office d’outil de contact et il suffit de cliquer sur l’image de l’article pour accéder à l’annonce. Facebook précise que tout l’intérêt de sa plateforme réside dans la confiance et la sécurité des opérations. On ne sait pas encore si un système de mesure de la satisfaction client va être mis en place, mais de nombreuses défaillances ont d’ores et déjà été dénoncées aussi bien par les acheteurs que les vendeurs. Le fait que le service Facebook Marketplace permette aux acheteurs et aux vendeurs de masquer les commentaires qu’on leur a laissés en passant en mode privé va, selon beaucoup de gens, à l’encontre de l’objectif de créer une communauté d’évaluateurs et ne contribue pas à instaurer un climat de confiance.