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Covid recession

La plus forte récession depuis la Seconde Guerre mondiale

Date de publication : 6 juillet 2020 Rubrique : Zoom

La Banque mondiale a publié début juin ses Perspectives économiques mondiales, qui décrivent un ralentissement historique de l’économie internationale. Le PIB de la planète devrait ainsi décliner de 5,2 %, avant de connaître une reprise en 2021. 71 millions de personnes pourraient basculer dans l’extrême pauvreté.

L’économie mondiale va vivre en 2020 « la plus forte récession planétaire depuis la Seconde Guerre mondiale ». C’est l’analyse sans appel de la Banque mondiale, qui a publié le 8 juin son édition semestrielle des Prévisions économiques mondiales. L’institution de Bretton Woods anticipe une récession de 5,2 % due au « choc massif et brutal produit par la pandémie de coronavirus (Covid-19) et par les mesures d’arrêt de l’activité prises pour l’enrayer », selon le communiqué qui accompagne le document.

La baisse du PIB sera encore plus importante dans les économies avancées. Leur activité économique devrait se replier de 7 % « sous l’effet des graves perturbations qui ont frappé l’offre et la demande intérieures, ainsi que les échanges et la finance ». Aux États-Unis, notamment, l’institution prévoit une diminution de 6,1 %, tandis que le PIB de la zone euro devrait baisser de 9,1 % et celui du Japon de 6,1 %.

Pour le reste des pays, regroupés dans la catégorie des « économies de marché émergentes et en développement », la chute est moins brusque, mais la contraction de -2,5 % du PIB sera néanmoins la première du groupe en soixante ans.

« Les pays les plus durement impactés sont ceux où l’épidémie a été la plus sévère et ceux qui se caractérisent par une forte dépendance vis-à-vis du commerce mondial, du tourisme, des exportations de produits de base et des financements extérieurs », souligne la Banque mondiale. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la récession devrait atteindre 4,2 %. Au Maroc, le PIB se replierait de 4 %.

La Banque mondiale précise que les « prévisions font état d’une diminution de 3,6 % des revenus par habitant ». Selon l’hypothèse la plus vraisemblable déterminée par l’organisation, ce seront 71 millions de personnes qui risquent de basculer dans l’extrême pauvreté. Les deux régions les plus touchées seraient l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud.

La reprise à partir de 2021

Selon la Banque mondiale, la reprise pourrait intervenir rapidement, dès 2021. Le scénario de base de l’institution prévoit l’année prochaine une croissance de 4,2 % dans le monde, de 3,9 % dans les économies avancées et de 4,6 % dans les économies de marché émergentes et en développement. « Ce scénario table sur un reflux de la pandémie suffisant pour permettre la levée des restrictions nationales d’ici le milieu de l’année dans les premières et un peu plus tard dans les secondes, sur un amenuisement de ses répercussions négatives dans le monde dans la deuxième moitié de l’année, ainsi que sur un rétablissement rapide des marchés financiers », précise la Banque mondiale, qui indique néanmoins que ces prévisions sont « incertaines ».

Rémy Pigaglio