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Petrole Brent

Après les folles semaines d’avril, le cours du pétrole remonte peu à peu

Date de publication : 21 mai 2020 Rubrique : Echos international

Victime de la crise du Covid-19 et d’une guerre des prix, le baril de pétrole américain a atteint des prix négatifs en avril. Depuis, un accord entre les pays producteurs membres du groupe Opep+ a permis de faire remonter les cours.

La baisse considérable de la consommation d’hydrocarbures, mais aussi la guerre des prix entre la Russie et l’Arabie saoudite ont provoqué un effondrement spectaculaire des cours du baril de pétrole américain en avril. Le baril de West Texas Intermediate (qui sert de référence pour le pétrole brut), son nom officiel, pour livraison en mai clôturait le 20 avril en territoire négatif pour la première fois de son histoire. Il atteignait ainsi -38 $ à New York, avant de repasser légèrement en positif les jours suivants. Le 21 avril, le baril de Brent de la mer du Nord tombait de son côté en dessous de la barre des 20 $, son plus bas niveau depuis décembre 2001.

Le marché du pétrole a subi de plein fouet les restrictions mises en place sur toute la planète pour freiner la propagation du Covid-19. Voitures à l’arrêt, avions cloués au sol, production d’électricité en forte baisse… Dès février, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estimait que la crise aurait des conséquences « significatives » sur la demande de pétrole.

Les pays du groupe Opep+, qui réunit les 13 pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et dix autres pays producteurs de pétrole, ne sont pas parvenus au départ à s’entendre sur une diminution de la production permettant de limiter la chute des prix.

Début mars, une proposition de l’Arabie saoudite de réduire la production globale de 1,5 million de barils par jour était refusée par la Russie. La riposte saoudienne ne s’est pas fait attendre : le pays, premier exportateur mondial de pétrole, a décidé d’augmenter considérablement sa production pour provoquer une baisse drastique des prix. L’objectif : mettre la Russie en difficulté en abaissant brutalement ses revenus issus des hydrocarbures.

Le dénouement est intervenu le 12 avril : la Russie s’est finalement résolue à revenir à la table des négociations et a conclu un accord dans le cadre de l’OPEP+ pour réduire la production des pays membres de près de 10 millions de barils par jour en mai et juin. Ce qui n’a donc pas empêché le cours du baril de pétrole américain de devenir négatif une dizaine de jours plus tard, car l’accord n’est entré en vigueur que le 1er mai.

Après le « coup de pression » contre la Russie en mars et avril, l’Arabie saoudite tente désormais au contraire de soutenir les prix du pétrole. Le Royaume peut difficilement supporter des cours peu élevés sur une longue période, d’autant que le nouvel homme fort du pays, Mohammed Ben Salman, a engagé de coûteuses réformes. Le Ministère saoudien de l’Énergie a ainsi demandé le 11 mai à l’entreprise d’État Aramco de diminuer encore sa production, de 8,5 millions de barils à 7,5 millions de barils par jour en juin.

« Les ajustements rapides de la production face aux actuels déséquilibres profonds du marché pétrolier mondial ont déjà commencé à montrer des effets positifs, avec un rééquilibrage qui devrait s’accélérer au cours des prochains trimestres », a d’ailleurs estimé l’OPEP dans son rapport mensuel du 13 mai.

Lundi 18 mai, le baril américain WTI pour livraison en juin atteignait 30,99 dollars, dépassant pour la première fois depuis le 17 mars la barre des 30 dollars. Le baril de Brent s’élevait quant à lui à 36 $.

Si les prix regagnent en rationalité, le secteur continue de naviguer en eaux troubles. Le 14 mai, l’AIE confirmait, selon l’AFP, que 2020 connaîtrait « la chute de consommation [de pétrole] la plus importante de l’histoire ».

Rémy Pigaglio