Le site d'information de la CFCIM
Covid Crash

Nouvelles mesures de soutien aux entreprises pour faire face à la crise du coronavirus

Date de publication : 26 mars 2020 Rubrique : Echos Maroc

L’économie marocaine est fortement ralentie, alors que le nombre de personnes testées positives au Covid-19 atteint 275.

Entré en état d’urgence sanitaire la semaine dernière, le Maroc renforce encore les mesures destinées à endiguer l’épidémie de coronavirus Covid-19. Mardi dernier, deux décrets-lois encadrant l’état d’urgence sont entrés en vigueur. Celui-ci durera jusqu’au 20 avril prochain, mais pourra être raccourci ou rallongé selon l’évolution de l’épidémie. Le non-respect des mesures de confinement sera désormais puni d’une amende de 300 à 1 300 dirhams et d’une peine d’un à trois mois de prison.

Infographie du Ministère de la Santé

Infographie du Ministère de la Santé

Infographie du Ministère de la Santé

Pendant que l’Europe subit de plein fouet l’épidémie, le nombre de personnes testées positives au Covid-19 progresse inexorablement dans le Royaume. Mercredi 25 mars 2020, 275 cas ont été confirmés, soit 50 de plus que la veille. 10 personnes sont décédées et 8 sont guéries.

Afin de renforcer les équipes médicales qui font face à la crise, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a donné ses instructions pour que « la médecine militaire prenne part conjointement avec son homologue civile à la délicate mission de lutte contre la pandémie de Covid-19 », selon le communiqué du Cabinet royal. Par ailleurs, une nouvelle unité de réanimation médicale a été ouverte à l’hôpital provincial Moulay Abdellah de Salé, a indiqué mercredi l’agence MAP dans une dépêche. 20 lits s’ajoutent à l’unité déjà existante comptant 11 lits de réanimation.

Prime mensuelle de 2 000 dirhams aux salariés

Sur le front économique, les mesures de soutien aux entreprises et aux ménages se précisent alors que la plupart des secteurs connaissent un fort ralentissement ou sont à l’arrêt, à l’exception des secteurs essentiels. Le Comité de Veille Économique (CVE) mis en place par le Ministère de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’administration a tenu sa deuxième réunion jeudi 19 mars dernier.

Le CVE a annoncé la distribution d’une prime mensuelle de 2 000 dirhams à tous les salariés déclarés à la CNSS qui sont en arrêt d’activité ou font partie d’une entreprise en difficulté. Ils bénéficieront aussi des allocations familiales et de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO). Cette mesure sera financée par le fonds spécial pour la gestion de la pandémie du coronavirus mis en place par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 15 mars 2020 et qui a réuni jusqu’à ce jour près de 24 milliards de dirhams, selon l’agence MAP.

« Ces salariés pourront également bénéficier du report du remboursement des échéances des crédits bancaires (crédit consommation et crédit acquéreur) jusqu’au 30 juin 2020», a également précisé le CVE dans un communiqué.

Sur le plan fiscal, les entreprises dont le chiffre d’affaires de l’exercice 2019 est inférieur à 20 millions de dirhams « pourront si elles le souhaitent bénéficier d’un report du dépôt des déclarations fiscales jusqu’au 30 juin 2020 », indique encore le CVE. Enfin, les contrôles fiscaux et les Avis à Tiers Détenteur (ATD) sont suspendus jusqu’à la même date.

« 0,8 % de croissance »

Une troisième réunion du CVE devait se tenir le lundi 30 mars prochain, consacrée « à l’examen d’une nouvelle série de mesures qui va être mise au profit des salariés non affiliés à la CNSS et qui opèrent dans le secteur informel », selon le communiqué, mais aucune mesure n’a encore été dévoilée. .

L’économie marocaine, déjà en peine, va fortement pâtir de cette crise. Le Centre Marocain de Conjoncture a estimé, mardi dernier, que la croissance atteindrait 0,8 % cette année. De son côté, l’Administration des Douanes et Impôts Indirects s’inquiète pour la balance des paiements. Selon le site du quotidien L’Économiste, l’institution s’attend à une chute des recettes touristiques, des transferts des Marocains résidant à l’étranger et des recettes des exportations. Elle a invité les concessionnaires, à travers l’Association des Importateurs de Véhicules Automobiles Montés (AIVAM), à réduire « au strict minimum » leurs importations de véhicules.

Un bilan qui s’alourdit en Europe

Sur le plan international, l’Italie reste le pays le plus touché par l’épidémie, même si le nombre de morts a entamé une décrue. 683 personnes y sont décédées de la maladie entre mardi et mercredi, ce qui porte le total à 7 503 morts. En Espagne, le nombre de morts (3 535) a dépassé mercredi celui en Chine (3 281) où l’épidémie avait débuté. En France, 1 331 personnes sont décédées, tandis que 25 000 malades ont été recensés. Aux États-Unis, désormais considérés comme un foyer de l’épidémie, le nombre de cas s’envole, avec 46 450 personnes testées positives. En Chine, en revanche, la quarantaine a été levée dans la province d’Hubei, à l’exception de sa capitale Wuhan, berceau de l’épidémie.

Dans ce contexte, l’économie mondiale est fortement ralentie et le Fonds Monétaire International s’attend en 2020 à une récession qui pourrait être pire que celle de 2008, selon une déclaration de sa Directrice Générale, Kristalina Georgieva, relayée par l’AFP. L’économie de la région Moyen-Orient-Afrique du Nord (MENA) va être plombée par la crise du Covid-19 et la baisse des prix du pétrole. D’après le Directeur Régional du FMI pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, Jihad Azour, qui s’exprime dans un rapport, elle « va probablement connaître une forte baisse de croissance cette année ».

Rémy Pigaglio