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Lamacom

Portrait d’entreprise – Lamacom : implantée en Afrique, le regard tourné vers l’Europe

Date de publication : 12 décembre 2019 Rubrique : Zoom

Il est loin le temps où Lamacom, créée en 1984, était seulement une entreprise de coutellerie. Désormais, cette société marocaine produit toutes sortes d’ustensiles de cuisine : du couteau au robot de cuisine en passant par la poêle, le couscoussier et le matériel pour la pâtisserie. Implantée dans la zone industrielle Sapino de Nouaceur, elle exporte même en Afrique de l’Ouest et du Nord.

Fondée et toujours dirigée par Khalid Sekkat, Lamacom fait figure de résistante dans un secteur industriel confronté à une forte concurrence internationale, notamment asiatique. Enregistrant un chiffre d’affaires d’environ 160 millions de dirhams et employant en moyenne 200 salariés, elle affiche une bonne santé, selon les responsables de l’entreprise. Elle envisage en outre de recommencer à exporter en Europe après une première expérience dans les années 90. Elle s’est depuis recentrée sur le marché marocain. Toutefois, à la fin des années 2000, Lamacom s’est lancée sur les marchés africains. « Nous nous sommes dit que c’étaient des marchés assez similaires au marché marocain et qu’il fallait donc saisir l’opportunité », explique Ismail Sekkat, Chef de mission export Europe et fils du fondateur.

Lamacom exporte aujourd’hui vers le Mali, le Sénégal, le Bénin, le Cameroun, la Mauritanie et l’Algérie. Tous ses produits transitent par le port de Tanger Med. « Celui-ci offre des tarifs intéressants vers le reste de l’Afrique. Par ailleurs, la mise en place de nombreuses lignes de Royal Air Maroc facilite la pénétration de ces marchés », décrit Houssine Oulbaks, Chef de mission export Afrique.

La mise en place, depuis quelques années, d’un écosystème d’entreprises marocaines en Afrique a aussi fluidifié les relations commerciales. « Nous nous sommes appuyés sur les banques, les assurances marocaines. Même si nous bénéficions de notre propre réseau de contacts locaux », explique Houssine Oulbaks. Lamacom a également profité des initiatives de l’Association Marocaine des Exportateurs (Asmex) et des missions organisées par Maroc Export.

Mais le déploiement dans ces marchés ne s’est pas toujours fait sans difficulté. « En Afrique, la première contrainte est la disponibilité d’une information fiable. On trouve des établissements qui n’ont pas réellement de statut sur place et qui réalisent pourtant un chiffre d’affaires important. Nous y remédions par l’activité offline, mais aussi par les partenariats avec l’Asmex, en étant membres du Club Afrique Développement d’Attijariwafa Bank, de la CFCIM, de la CGEM. Cela nous permet d’identifier des sources pour préparer nos projets à l’international », indique Houssine Oulbaks.

En Afrique, une place à saisir pour les produits marocains

Les responsables de l’entreprise considèrent qu’il y a une place à prendre en Afrique pour les industriels marocains. « On trouve des produits chinois en entrée de gamme et des produits européens en haut de gamme. Nous, nous voulons développer des gammes accessibles », indique Houssine Oulbaks. « Il existe un fort potentiel pour faire valoir la qualité de nos gammes face aux produits chinois », ajoute Ismail Sekkat.

Lamacom réalise aujourd’hui environ 5 % de son chiffre d’affaires à l’exportation et souhaiterait développer cette activité en s’attaquant aux marchés européens. « Nous souhaitons avoir deux circuits de distribution. D’abord, pour les produits Lamacom, mais nous voulons également vendre les produits de nos concurrents en sous-traitant pour les fabricants européens. Cela peut paraître paradoxal, mais nous pensons que c’est une logique intéressante », explique Ismail Sekkat.

Lamacom veut notamment tirer profit des tensions commerciales qui existent entre l’Occident et la Chine, d’où sont importés une grande partie des produits du secteur. Grâce à la proximité géographique du Maroc et de l’Europe, à l’accord de libre-échange avec l’UE et aux coûts moindres, le Maroc possèderait ainsi un avantage comparatif. « Des flottes de camions desservent l’Europe à partir du Maroc, il existe des liaisons maritimes, il n’y a pas (ou presque pas) de décalage horaire, nous parlons en général la même langue, nos modes de consommation sont proches… », liste Ismail Sekkat. « Nous comptons viser les marchés espagnol, français, belge et allemand. » L’entreprise veut notamment s’appuyer sur les communautés maghrébines installées dans ces pays.

Lamacom bénéficie en outre du programme primo-exportateurs du Ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Économie Verte et Numérique, qui permet de recevoir une aide financière et un accompagnement. Ses équipes en sont encore à la phase d’études pour ce projet d’exportation vers l’Europe. « Pour le moment, nous travaillons avec des cabinets d’études, nous nouons des partenariats avec des chambres de commerce, nous tentons de cerner les dynamiques, nous définissons quelles solutions nous pouvons apporter… », indique Ismail Sekkat. Avec déjà un regard sur la suite : après l’Europe, Lamacom voudrait s’intéresser au Moyen-Orient et aux États-Unis.

Rémy Pigaglio