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Abdelkader Sediame

3 questions à Abdelkader Sediame

Date de publication : 12 décembre 2019 Rubrique : Zoom

« Pour exporter vers l’Afrique, le Maroc doit gagner en valeur ajoutée »

3 questions à Abdelkader Sediame, Consultant en commerce international, ancien Chef des relations extérieures de Maroc Export

Quelles opportunités représentent les marchés africains pour les entreprises marocaines ?
Ces marchés peuvent donner de l’oxygène à nos entreprises. Ils sont arrivés à un niveau de développement équivalent à celui du Maroc il y a une trentaine d’années. Ils ont donc besoin d’un savoir-faire que nous avons nous-mêmes acquis en travaillant avec les Européens. Mais les Égyptiens, les Turcs, les Chinois, etc. y sont déjà implantés. Je constate néanmoins que le regard de certains pays africains est tourné vers le Maroc. Cela a été possible grâce à la communication opérée par le Royaume, les salons qui ont été organisés, les missions, etc. Les Africains sont conscients que l’on peut travailler efficacement avec les Marocains.

Quels secteurs pourraient le mieux développer leurs exportations vers l’Afrique ?

Je travaille de près avec les secteurs de l’artisanat et des chaussures. Ils sont très exportables, tout comme l’agroalimentaire, les médicaments ou encore le BTP. Les pays africains possèdent par ailleurs des matières premières nobles de très grande qualité. Le Maroc pourrait les utiliser pour exporter des produits à forte valeur ajoutée sur le marché international. Je réaliserai bientôt au Cameroun une mission commerciale de prospection et de partenariat pour la FEDIC (Fédération des industries du cuir). Nous allons étudier l’installation d’un showroom permanent. Dans ce pays comme dans d’autres, les grandes entreprises marocaines telles que les banques sont déjà présentes. Il faut donc que les PME profitent de ce réseau pour s’y implanter.

Comment faire face à la concurrence des autres pays ?

Nous devons abandonner le bas et moyen de gamme pour nous diriger vers le haut de gamme. Les Chinois fabriquent tout désormais, même des babouches ! Ainsi, il est important gagner en valeur ajoutée. Le Maroc a des spécialités, par exemple dans l’artisanat, le cuir, le bois, l’agroalimentaire, le BTP, l’énergie, le matériel d’irrigation… Il a son mot à dire. Pour ce qui est de l’industrie moderne, je crois qu’il faut encourager des coopérations avec les Européens en faisant front commun et en tirant parti des avantages de l’Europe et de ceux du Maroc pour aller vers les marchés africains.

Propos recueillis par Rémy Pigaglio