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Those Who Inspire : « un mouvement global d’inspiration »

Date de publication : 26 novembre 2019 Rubrique : Initiatives durables

Inspirer les jeunes à travers des portait de personnes inspirantes venues de tout horizon dans le but de créer un vaste mouvement de mentorat, tel est l’objectif du projet Those Who Inspire, porté par Marlène Plomik et Delphine Barets. Après avoir réalisé neuf livres dans des pays monde entier (Bahreïn, Mexique, Sultanat d’Oman, Ghana…) les deux éditrices ont récemment lancé l’édition marocaine. Explications avec Delphine Barets.

Comment vous est venue l’idée de lancer le projet Those Who Inspire ?

Lorsque nous étions journalistes travaillant pour le compte de gros médias dans le Sultanat d’Oman, nous avons rencontré le Docteur Juma Ali Juma, qui nous a donné l’idée de faire des livres autour de personnalités inspirantes et de redistribuer leur savoir et leur expérience à la jeunesse. Nous avons eu envie de travailler sur un projet qui aurait de l’impact et qui permettrait de laisser un héritage aux jeunes. C’est ainsi qu’est né Those Who Inspire, un livre constitué d’une série de portraits de gens inspirants. Pour que les étudiants puissent s’identifier à elles plus facilement, il s’agit de personnes venant de leur pays, parfois de leur région, qui ont réussi et accompli des choses.

Après avoir réalisé le premier livre à Oman, nous avons ainsi distribué les livres auprès des jeunes et nous avons eu un retour très positif. Cela nous a encouragées à continuer dans d’autres pays, bien sûr au Moyen-Orient, mais également à Hong Kong, en Afrique, au Nigéria, au Ghana, en Amérique du Sud… C’est la première fois que nous lançons un livre au Maghreb.

Comment choisissez-vous les personnes dont vous effectuez le portrait ?

Pour nous, l’inspiration se mesure par la passion, l’inspiration, le courage, la résilience… et donc pas forcément par le succès. Ce sont aussi bien des policiers, des infirmières que des hommes d’affaires. Pour être inspirantes, ces personnes doivent également avoir l’envie de changer le monde qui les entoure, penser un peu différemment et essayer de faire bouger les lignes soit à travers leurs actions, leur société ou leur façon de vivre.

Le livre est une sorte de passage de témoin, d’expérience, qui va permettre aux jeunes de se dire : « Si c’est possible pour eux, c’est possible pour moi ». Cela leur offre des horizons différents, car ils évoluent parfois dans des milieux familiaux ou sociaux très fermés et ne savent pas forcément ce qu’ils veulent faire dans la vie.

Quelles ont été les retombées et les anecdotes les plus marquantes ?

Il faut préciser qu’il est possible de contacter la personne dont on a lu le portrait puisque les participants s’engagent à communiquer leur adresse email. Un jeune a ainsi contacté son mentor. Ils se sont alors rencontrés, se sont bien entendus et ont ensuite monté leur startup ensemble. Je crois que c’est la plus belle histoire qui née suite au projet. Beaucoup de jeunes ont également trouvé un emploi grâce à leur mentor, après avoir commencé par des stages.

Par ailleurs, dans tous les pays où nous lançons une édition, nous travaillons en collaboration avec le Ministère de l’Éducation qui nous aide pour la distribution des livres. Souvent, ces derniers sont utilisés dans les curriculums des universités, ce qui nous permet d’avoir le retour des professeurs. À Bahreïn, des enseignants ont fait des exercices pédagogiques (exercices de débat, de traduction…) autour des livres. Les élèves ont ensuite eu l’idée de faire des vidéos des portraits. Ils ont donc contacté les personnes inspirantes et les ont filmées en reprenant le concept et en le réadaptant à leur façon. Pour nous, cela est une autre manière de mesurer l’impact du projet.

Cela fonctionne en quelque sorte comme un réseau ?

Tout à fait. Those Who Inspire, qui était au départ une petite maison d’édition, est aujourd’hui un mouvement global d’inspiration. Nous sommes actuellement présents sur tous les continents, dans toutes les langues, en chinois, en arabe, en français et surtout en anglais, langue qui constitue le fil conducteur international. Sur internet, les jeunes peuvent voir ce qui se passe ailleurs. Nos personnalités inspirantes ont également commencé à se connecter entre elles dans l’idée qu’elles font partie d’un club ou d’une même famille. Ce n’est pas le but du livre, mais cela est très intéressant.

À quelle étape se situe l’édition marocaine ?

Nous avons déjà réalisé une vingtaine de portraits. Vingt autres sont programmés. Ce sont des personnes de tout horizon, pas forcément des célébrités. Nous avons aussi bien Mahi Binebine, artiste et écrivain reconnu, qu’une jeune femme en fauteuil roulant qui a eu beaucoup de difficultés à étudier. Aujourd’hui, elle est un petit génie de l’informatique elle gère une équipe de dix personnes après avoir réussi à intégrer HPS. Le plus important est que ces personnes partagent avec nous leur expérience, les difficultés qu’elles ont pu endurer, et également donner de bons conseils aux jeunes. D’ailleurs, nous lançons un appel : nous sommes encore à la recherche de personnalités inspirantes pour l’édition marocaine.

Notre business model ne repose pas sur la publicité, mais sur l’achat de livres. Le livre, qui devrait paraître en 2020, ne sera donc pas distribué dans les librairies, mais proposé à nos entreprises partenaires qui pourront acheter un certain nombre d’exemplaires. Pour chaque livre acheté, un livre sera offert à un étudiant du système public pas forcément issu des milieux les plus privilégiés. Ce financement ne couvre pas uniquement le livre papier, mais aussi les vidéos, les classes de mentorat, le site internet…

Those Who Inspire

De gauche à droite : Delphine Barets, Associée Fondatrice et Éditrice de Those Who Inspire et Émilia Mirea, Directrice du projet Those Who Inspire Maroc.