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Le commerce mondial de services en croissance rapide, d’après l’OMC

Date de publication : 19 novembre 2019 Rubrique : Echos international

Le rapport 2019 sur le commerce mondial de l’OMC décrit la progression remarquable de la part des services dans le commerce mondial. Cette dernière est passée de 9 % en 1970 à plus de 20 % aujourd’hui. Si la digitalisation joue un rôle primordial, il existe encore de nombreuses barrières qui freinent ce développement.

Les services sont souvent sous-estimés dans les discussions sur le commerce mondial. Ils représentent pourtant la majorité du commerce dans de nombreuses économies développées et sont aussi en expansion rapide dans de nombreuses économies en développement », souligne Roberto Azevêdo, Directeur Général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en introduction du rapport 2019 de l’OMC sur le commerce mondial. Intitulé « Le futur du commerce de services », le document démontre que les services ont pris une part considérable dans l’économie et les échanges internationaux ces dernières décennies.

La proportion des services dans le commerce mondial est en effet passée de seulement 9 % en 1970 à plus de 20 % aujourd’hui. L’OMC estime même qu’elle pourrait atteindre le tiers du commerce mondial en 2040.

Entre 2005 et 2017, le commerce des services a augmenté en moyenne de 5,4 % par an, bien plus vite que le commerce de biens. La distribution et les services financiers font partie des secteurs les plus globalisés, totalisant chacun près de 20 % du commerce mondial de services.

Le commerce de services reste largement dominé par les pays développés. Néanmoins, la part des pays en développement est en nette progression : en 2017, ils représentaient 25 % de l’export de services et 34,4 % de l’import de services, même si seulement cinq d’entre eux concentrent la majorité des flux. Les pays les moins avancés sont, de leur côté, totalement marginalisés : en 2017, ils ont généré 0,3 % de l’export de services et 0,9 % de l’import de services. Pour les économies en développement, le commerce de services offre des avantages considérables par rapport au commerce de biens : les investissements sont moins importants, les infrastructures moins lourdes, les résultats plus rapides…
La technologie joue un rôle primordial dans ces dynamiques. Le commerce de services est en effet facilité grâce à la digitalisation. Celle-ci représente en particulier une chance pour les économies en développement en facilitant les relations avec le reste du monde. Elle encourage aussi les PME opérant dans le tertiaire à exporter.

L’OMC décrit un certain nombre de bénéfices liés à l’expansion des services dans l’économie mondiale et le commerce international. Au-delà d’une meilleure accessibilité aux services pour les entreprises et les consommateurs (ce qui participe directement à la croissance), on constate en outre une diminution des inégalités, notamment parce le secteur est plus féminisé. Pourtant, l’ouverture à l’international du commerce de services est bien moins avancée que celle du commerce de biens, selon les auteurs du rapport, qui qualifient les services de « moteur de la globalisation du 21e siècle ». Les barrières mises en place par les États sont plus importantes que pour le commerce de biens. Même si des réformes menées ces dernières années ont permis de réduire ces barrières, la digitalisation a aussi atténué certains obstacles.

Rémy Pigaglio