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L’éducation : un vaste chantier

Date de publication : 8 octobre 2019 Rubrique : Zoom

Redonner confiance aux enseignants, leur assurer des formations plus poussées, offrir des cursus alternatifs aux élèves, poursuivre la lutte contre l’abandon scolaire… les chantiers de la réforme de l’enseignement au Maroc ciblent des maux bien connus du système éducatif national.

Le renouvellement du métier d’enseignant est aujourd’hui l’une des conditions sine qua non pour reconstruire le système éducatif marocain. « Notre ministère a mis en place depuis la dernière rentrée scolaire une nouvelle mouture de formation des enseignants qui se fait sur cinq ans, avec des modules de Sciences de l’éducation dès la première année et deux dernières années d’alternance entre formation et stage in situ, en classe », a annoncé Saaïd Amzazi, Ministre de l’Éducation Nationale, de la Formation Professionnelle, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, lors de la 4eédition du Morocco Today Forum organisé en juillet dernier par le groupe Le Matin.

Les bacheliers inscrits dans ces formations sont sélectionnés sur la base de leurs compétences disciplinaires et linguistiques. Ils devront, en plus, à la fin de leur formation réussir un concours d’aptitude sans lequel ils ne pourront pas enseigner. Il faudra donc attendre 2023 pour que la première promotion de ces enseignants de nouvelle génération rejoigne les rangs de nos formateurs. Au total, 200 000 nouveaux enseignants seront recrutés d’ici à 2030, pour compenser les départs à la retraite.

PrescolaireLe préscolaire obligatoire dès trois ans

Par ailleurs, le chantier pédagogique en cours, ouvert et novateur, prévoit l’introduction de nouvelles approches telles que la lecture précoce, le retour à la méthode syllabique et l’approche actionnelle pour les langues d’une part, ainsi que la pédagogie de l’erreur pour les mathématiques et la démarche d’investigation pour les sciences d’autre part. « De cette façon, nous espérons améliorer significativement les scores de nos élèves dans les évaluations internationales TIMMS et PIRLS ou encore PISA », explique le Ministre.

En outre, l’instauration du préscolaire obligatoire à partir de l’âge de trois ans permet aux plus jeunes une scolarisation précoce et une initiation plus facile au civisme et aux règles de vie en communauté. « Il est démontré aujourd’hui que chaque année de scolarisation supplémentaire se traduit par une hausse d’un point de PIB annuel pour le pays et une hausse de 10 % des revenus d’une personne », souligne Saaïd Amzazi.

L’abandon scolaire en ligne de mire

Et pour lutter contre l’abandon scolaire, la délicate transition primaire-secondaire, particulièrement en milieu rural où elle signe souvent l’arrêt de la scolarisation, fait désormais l’objet d’une attention particulière avec un accompagnement d’orientation qui se focalise sur l’élaboration d’un projet personnel par l’élève. « Nous agissons, par ailleurs, en aval de l’abandon scolaire, puisque ce sont actuellement plus de 70 000 élèves en abandon scolaire qui sont pris en charge dans les écoles de la deuxième chance pour leur permettre de retourner à l’école, ou leur faire acquérir des compétences professionnelles devant les conduire à la vie active », explique le Ministre.

La transition secondaire-supérieur est également sensible pour les étudiants. C’est sur la base de ce constat qu’une nouvelle architecture pédagogique sera lancée dès la rentrée 2020, axée sur le modèle du « Bachelor ». Il s’agit d’un cursus qui bénéficiera d’une année fondatrice afin d’améliorer la transition secondaire-supérieur, d’ouvrir l’étudiant à des modules différents de la discipline choisie, de commencer son renforcement linguistique en français et en anglais et de lui permettre de conforter son choix d’orientation », précise Saaïd Amzazi. Ce cursus a été pensé pour développer l’employabilité des jeunes.

Un processus d’orientation professionnelle active

Côté orientation scolaire, finis les choix de filières par défaut. Pour accéder à l’université, les bacheliers devront passer désormais par un processus d’orientation active, promet le Ministère de tutelle. Une occasion aussi de réformer les approches pédagogiques, en renforçant par exemple l’outil numérique dans les méthodes d’apprentissage. Une idée que défend également Najat Vallaud-Belkacem, ancienne Ministre française de l’Éducation Nationale et actuelle Directrice Générale Adjointe de l’Institut Ipsos. « Les jeunes, nos jeunes dans tous les pays, doivent maitriser l’outil informatique dans son état actuel et anticiper son état à venir. Cela plaide en matière de système scolaire pour une présence d’outils informatiques », a-t-elle déclaré lors du Morocco Today Forum.

Pour cette raison, le Maroc est décidé à faire bénéficier tous les étudiants, toutes filières confondues, d’une formation de base en TIC. Une autre formation portant sur les soft skills sera intégrée à toutes les filières.

 

Salima Marzak