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Le Boultek de toutes les musiques

Date de publication : 3 septembre 2019 Rubrique : Zoom

Tout au long de l’année, le Boultek fonctionne comme une ruche culturelle pour les musiciens. Retour sur cet espace qui porte L’Boulevard, l’un des festivals mythiques du pays.

Le Maroc ne compte pas de nombreux lieux où la pratique culturelle est ritualisée. À Casablanca, le Boultek qui abrite, entre autres, les locaux du festival L’Boulevard est une véritable ruche culturelle incluant des studios d’enregistrement et une salle de concert et de conférence.

Une programmation variée

Le 3 mai dernier, au Boultek, les Casablancais avait rendez-vous avec les musiques de l’amazighité marocaine. Ce lieu mythique situé au rez-de-chaussée du Technopark, réputé pour ses concerts de musiques urbaines telles que le rap, la fusion et le rock, s’est ouvert à tout un pan du patrimoine musical national. D’autant plus que cet événement a donné naissance à différentes expérimentations avec des musiques actuelles. À cette occasion, le public a assisté à des performances musicales ainsi qu’à une conférence animée par Mohamed Oubenal, chercheur à l’Institut Royal de la Culture Amazigh (Ircam).

Ce dernier a rappelé lesobjectifs de la manifestation,à savoir « rassembler une équipe multidisciplinaire comprenant des musiciens et des chercheurs en sciences sociales pour aller à la rencontre d’expressions musicales amazighes à Casablanca. »

Au début de l’année, un autre événement, un hommage au poète palestinien Mahmoud Darwich, a eu lieu dans le même espace. La performance en chant et en prose, accompagnée de piano et qanoun, a enchanté l’assistance.

En fait, tout au long de l’année, le Boultek accueille des concerts et des sessions d’« open mic ». Quotidiennement, des groupes peuvent ainsi répéter dans les trois studios.

L’Boulevard, emblème de la jeunesse et des cultures urbaines

Le Boultek a vu le jour en 2010. C’est tout simplement le premier centre de musiques actuelles au Maroc, créé à l’origine pour soutenir la création musicale et appuyer son développement. Un lieu qui a une histoire intimement liée au L’Boulevard. « Nous fêtons cette année le 20eanniversaire de l’association telle qu’elle est connue aujourd’hui. L’association qui a vu le jour en 1998 s’est installée jusqu’en 2006 dans les locaux de la Fédération desŒuvres Laïques (FOL). Avant d’élire domicile en 2009 dans nos locaux actuels au Technopark. Depuis, nous nous sommes stabilisés et nous avons ainsi pu développer plusieurs activités », explique Hicham Bahou, Coordinateur du L’Boulevard.

Hicham et Mohamed Merhari ont été les fondateurs du L’Boulevard. « Au départ, L’Boulevard, c’était l’événement musical des groupes de métal et de rock. Le théâtre de la FOL accueillait les concerts de ces groupes-là, mais il était aussi le lieu où se déroulaient les répétitions, où se faisaient les rencontres et où s’établissaient des complicités. Il fallait accompagner ces artistes, structurer ce mouvement, installer une culture de l’image, de l’iconographie. L’événement a pris de l’envergure et nous avons alors opté pour le plein air avec les terrains du COC et du RUC » , ajoute Hicham Bahou.

D’un tout petit rendez-vous musical qui avait lieu à la FOL, le festival a grandi pour finir par élire domicile dans les terrains de rugby de Casablanca. Aujourd’hui, l’événement se décline à travers différents rendez-vous : L’Boulevard bien sûr, mais aussi les sports urbains, le street-art et la peinture, l’associatif culturel, le marché des CD et le tremplin des jeunes musiciens.

Le Boultek quant à lui a pu exister grâce à une rencontre entre nos deux compères et Omar Balafrej qui était alors Directeur du Technopark de Casablanca, qui va leur offrir cet espace de 850 mètres carrés. Une aubaine ! C’est là où se préparent le L’Boulevard, les ateliers de formation, le Tremplin des jeunes artistes ainsi que le Festival du documentaire musical.C’est également au Boultek qu’a été incubée l’initiative Sbagha Baghaqui permet à des graphistes et à des muralistes d’investir la ville de Casablanca, mais aussi la ville de Rabat avec Jidar.

Si le Boultek a réussi le difficile pari de durer, ce lieu représente l’unique espace où des groupes peuvent travailler et enregistrer leurs albums. Les studios de répétitions pour les formations musicales n’existent tout simplement pas à Casablanca. Plus encore, la Ville n’organise aucune résidence pour les musiciens, seule garantie pour créer des spectacles musicaux. Les centres communaux casablancais, au nombre de treize, n’ouvrent pas leurs portes aux groupes jouant les musiques urbaines. À quand d’autres « Boultek », pris en charge financièrement par la Ville et gérés par des acteurs culturels ?

 Hicham Houdaïfa