Le site d'information de la CFCIM
lecture

Des chiffres et des réalités…

Date de publication : 3 septembre 2019 Rubrique : Zoom

Quelles sont les pratiques culturelles des Marocains ? Quel est l’impact de la société civile pour remédier à l’accès à la culture dans le pays ? La dernière étude en date, réalisée par l’association Racines et rendue publique en novembre 2016, apporte des éclairages intéressants en la matière.

Après deux années passées sur le terrain, l’Association Racines* pour la culture, le développement, la promotion des industries culturelles et créatives et la coopération en Afrique a mené un ambitieux travail d’enquête qui a ciblé les douze régions du pays. Un travail de référence qui nous montre les tendances de consommation des Marocains en matière de culture.

Près d’un tiers d’entre eux (31,5 %) ne pratique aucune activité artistique alors que 13,4 % des interviewés chantent et 9,8 % d’entre eux écrivent des poèmes, des nouvelles ou des romans. En ce qui concerne la presse, près de la moitié ne lit pas les journaux. En revanche, 15 % des interviewés affirment lire les journaux à une fréquence quotidienne.

Le rapport à la musique des Marocains se traduit par un bon chiffre puisque 51,4 % des interviewés en écoutent chaque jour.

En ce qui concerne les autres domaines, 79,5 % des sondés n’ont fréquenté aucune salle de cinéma durant les douze mois qui ont précédé l’entretien. Pire pour la danse : 80 % des interviewés n’ont jamais assisté à un spectacle de ce type.

L’enquête de Racines montre de manière claire que les Marocains n’aiment pas se déplacer pour « consommer » de la culture. La preuve par les chiffres : 58,2 % n’ont jamais vu un concert de musique, 54,9 % n’ont jamais assisté à un spectacle de rue, 73,7 % ne vont jamais au théâtre, 8,9 % ne connaissent pas l’opéra et 65,9 % disent n’avoir jamais participé à une activité culturelle.

La situation du livre est encore plus problématique. 64,3 % des Marocains n’ont acheté aucun livre au cours des douze mois ayant précédé l’enquête. 84,5 % des Marocains ne sont pas inscrits dans une bibliothèque. 63,5 % n’ont aucune bibliothèque dans leur voisinage. 22,5 % doivent parcourir plus de deux kilomètres pour en trouver une. Seuls 14 % disposent d’une bibliothèque à moins d’un kilomètre.

La culture pour tous

Un peu partout au Maroc, des associations se sont portées volontaires pour ramener la culture aux plus précarisés. C’est le cas du Forum de Lecture au Maroc pour l’Observation et le Développement (FLAM), qui a fait une priorité de la promotion de la lecture dans les campagnes du sud du Maroc. L’association organise des caravanes de lecture dans les zones rurales et semi-rurales d’Agadir Idaoutanane et ciblent desétablissements scolaires ruraux à Amskroud, Taghazout, Tamri et Imouzzer. Le FLAM organise aussi l’opération « Bibliothèque de plage d’Agadir » avec des ateliers quotidiens de lecture, de contes, des animations de rencontres/débats avec artistes, écrivains. D’autres structures comme le Cercle Shahrazade investissent les lycées, les prisons et les associations, notamment dans les petites villes, afin de promouvoir la culture, via le conte populaire, un genre historique au Maroc, immortalisé par la halqa.

« Le conte est important et a de l’avenir, nous en sommes persuadés. Car il est le récit qui décrit les sociétés d’hier dans leurs divers aspects. Le côté fantastique parle à l’imaginaire des jeunes. Le conte est une seconde demeure où ils peuvent se réfugier quand le réel devient étriqué », expliquait Latifa Liraqui, une des fondatrices du Cercle Shahrazade, lors d’une de ses sorties.

Hicham Houdaïfa

 

*L’association Racines a été dissoute début 2019.