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Union Mediterranee

L’Union pour la Méditerranée fête ses dix ans

Date de publication : 14 novembre 2018 Rubrique : Echos international

Après avoir mis plusieurs années à être véritablement lancée, l’Union pour la Méditerranée a adopté une nouvelle feuille de route en 2017. L’Université Euro-Méditerranéenne de Fès fait partie de ses projets phares.

«  Dix ans plus tard, la coopération est d’autant plus nécessaire. » Dans une tribune publiée le 8 octobre dernier dans 12 journaux méditerranéens, les coprésidents Federica Mogherini et Ayman Safadi et le Secrétaire Général de l’Union pour la Méditerranée (UPM) Nasser Kamel font le point après dix années d’activités de l’organisation. « Une dynamique plus coopérative représente l’unique moyen de mettre fin aux conflits en cours, de créer des emplois et de garantir une croissance durable pour nos populations », ont-ils assuré. Au même moment, le Forum régional de l’UPM rassemblait à Barcelone, siège de l’organisation, les Ministres des Affaires Étrangères des États membres.

Lancée en juillet 2008 à l’initiative du Président français Nicolas Sarkozy, l’UPM réunit 43 États membres, ceux de l’Union européenne et 15 pays méditerranéens. Pendant les premières années de son existence, le conflit israélo-palestinien et les printemps arabes l’ont empêchée de réellement démarrer son activité. À partir de 2011, elle a néanmoins engagé ses premiers projets. « M. Sarkozy était parti avec de grandes ambitions. Mais le ballon s’est dégonflé petit à petit et l’UPM s’est concentrée sur des petits projets. Aucun n’a eu d’impact sur l’ensemble de la Méditerranée », analyse Jawad Kerdoudi, Président de l’Institut Marocain des Relations Internationales (IMRI).

En janvier 2017, toutefois, une feuille de route avait été adoptée pour relancer l’organisation. Quatre objectifs ont été définis : le renforcement du dialogue politique entre les États membres, la contribution des activités de l’UPM à la stabilité régionale et au

développement humain, la consolidation de l’intégration régionale, la consolidation de la capacité d’action de l’UPM. Après six années de mandat, le Marocain Fathallah Sijilmassi a été remplacé cette année au poste de Secrétaire Général par l’Égyptien Nasser Kamel.

Bilan et perspectives

À l’occasion du Forum régional du mois dernier, l’UPM a rappelé que l’organisation a approuvé 54 projets pour une valeur de 5,6 milliards d’euros. 200 000 personnes en auraient bénéficié. Son projet le plus emblématique est l’usine de dessalement dans la Bande de Gaza. Une conférence de donateurs a permis de récolter 456 millions d’euros en mars 2018, soit 80 % du coût total. Elle devrait être mise en service en 2022.

Autre projet d’envergure, l’Université Euro-Méditerranéenne de Fès, créée en 2012, a été labellisée par l’UPM. Selon l’organisation, elle doit accueillir 7 000 étudiants en 2024 sur un « éco-campus » de 26 hectares. Elle est aujourd’hui structurée en deux pôles : le pôle ingénierie et architecture et le pôle sciences humaines et sociales. Prochaindéfidel’UPM:laluttecontrelechômage, notamment celui des jeunes. Son programme Med4Jobs (Initiative Méditerranéenne pour l’Emploi) se déploie en 13 projets qui doivent améliorer l’employabilité et les infrastructures nécessaires au développement de l’activité des entreprises. Selon le communiqué de l’UPM publié au moment du Forum régional, « les études récentes indiquent […] que le PIB de la région pourrait augmenter de 20 milliards d’euros si le chômage des jeunes était réduit de moitié. »

Rémy Pigaglio