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Mutualiser les connaissances pour mieux lutter contre le cancer du poumon

Date de publication : 3 mai 2018 Rubrique : Initiatives durables

Nabil IsmailiInterview du Professeur Nabil Ismaili, Coordinateur de la première conférence africaine sur le cancer du poumon qui s’est déroulée du 29 avril au 1er mai à Tanger, Trésorier de la Société Marocaine de Cancérologie, Médecin au service oncologie de l’hôpital Cheikh Khalifa Ibn Zaid de Casablanca.

Conjoncture : Pourquoi organiser cette première conférence au Maroc ?

J’ai rencontré le Past Président de l’International Association for the Study of Lung Cancer (IASLC), David Carbone, pendant une conférence en Algérie l’an dernier. Il souhaitait alors organiser un congrès sur le cancer du poumon en Afrique ou au Moyen-Orient, mais qu’aucun pays n’avait répondu. Je lui ai donc proposé de faire cet événement au Maroc. La conférence, organisée par l’IASLC en partenariat avec l’Université Mohammed VI des Sciences de la Santé de Casablanca, a donc réuni 90 experts dont 50 internationaux à Tanger.

Existe-t-il un déficit de connaissance sur le cancer du poumon sur le continent ?

En effet, on constate un très grand déficit, à la fois pour l’amont et l’aval du traitement. En ce qui concerne l’amont (dépistage, lutte anti-tabac…), une journée entière de la conférence sera consacrée à la lutte anti-tabac. Une des sessions sera en outre dédiée à la global oncology, c’est-à-dire au travail effectué par les gouvernements, les laboratoires pharmaceutiques ou encore les ONG. En ce qui concerne l’aval, les défis sont également importants. Les traitements proposés sur le continent sont, en effet, dispensés à un stade avancé de la maladie. Ils sont donc chers alors que nous disposons de peu de ressources. Il reste un long chemin à parcourir en la matière.

La coopération entre l’hôpital Cheikh Khalifa et l’IASLC va-t-elle se développer ?

Ce premier congrès va permettre d’initier des collaborations entre la fondation Cheikh Khalifa Ibn Zaid Maroc et l’IASLC. Cette dernière dispose de « grants » de 200 000 dollars qu’elle attribue à des projets de recherche intéressants. Nous espérons pouvoir leur envoyer des étudiants de Masters ainsi que des doctorants. Par ailleurs, l’idée de donner une suite à ce congrès a déjà fait son chemin. J’ai évoqué la question avec un confrère tunisien : donc, pourquoi ne pas organiser la prochaine édition dans son pays en 2019 ?