Le site d'information de la CFCIM
fisc

Les influenceurs rattrapés par le fisc

Date de publication : 21 juillet 2022 Rubrique : Zoom

S’ils ont longtemps travaillé loin des radars des impôts, les influenceurs sont aujourd’hui amenés à faire des déclarations à la hauteur de leurs revenus.

C’est l’actu de ces dernières semaines : les influenceurs devront passer à la caisse. Qu’ils soient youtubeurs, Instragrameurs ou Tiktokeurs, ces entrepreneurs, qui ont fait des réseaux sociaux leur fonds de commerce intéressent de plus en plus l’administration fiscale.

La traque s’organise

Ainsi, bon nombre de ces influenceurs ont déjà été contactés par des inspecteurs de la Direction Générale des Impôts (DGI). Dans son édition du 31 mai dernier, le quotidien L’Économiste nous apprend qu’une opération d’envergure nationale a eu lieu afin de mettre fin aux infractions fiscales d’un certain nombre de ces entrepreneurs de l’influence. Surtout ceux qui génèrent des revenus importants et qui, néanmoins, ne font pas de déclaration aux impôts ou qui ne déclarent qu’une partie de leurs émoluments. La même source précise que « certains d’entre eux ont déjà conclu un accord à l’amiable avec la Direction générale des impôts et promis de se conformer à la loi. D’autres sont toujours en pleine négociation avec le fisc ».

Ces actions entreprises par la DGI étaient en quelque sorte attendues. Dès 2019, la DGI avait lancé un service spécialement dédié à la recherche sur Internet. Début 2022, l’agence MAP annonçait que la DGI avait mis en place, « une équipe de contrôleurs fiscaux pour enquêter sur les revenus probables des influenceurs, en examinant le nombre de followers et d’abonnés sur les réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram et YouTube. »

Les comptes ne mentent pas

D’ailleurs, le fisc semble engagé dans cette volonté d’identifier les influenceurs indélicats. Tout d’abord, en ayant accès aux données financières, notamment leurs relevés bancaires afin de constater un éventuel écart entre les revenus déclarés et ceux véritablement gagnés.

Ensuite, par l’entremise des Adsens, la régie publicitaire de Google, les inspecteurs des impôts peuvent en effet avoir une idée exacte des montants versés par la firme américaine aux influenceurs. Des sommes qui sont transférées par virement bancaire direct ou via des sociétés de transfert d’argent comme Western Union.

Dans cet univers assez nouveau, on retrouve bien évidemment des influenceurs qui sont en règle avec le fisc.Ils exercent leur métier sous différentes formes juridiques : avec un statut d’autoentrepreneur, en tant qu’entreprise individuelle ou SARL à associé unique. Une différence de statut qui implique aussi un écart en termes d’imposition.

Le statut d’autoentrepreneur paraît être avantageux pour les influenceurs qui engrangent moins de 200 000 dirhams de chiffre d’affaires puisque le taux d’imposition n‘est que de 1%. En tout cas, ce secteur à l’avenir radieux passera nécessairement par la structuration du statut de l’influenceur et par la mise en place d’une loi régissant le domaine du marketing d’influence.

Younes Baâmrani