Le site d'information de la CFCIM
IA 2

IA : menace pour l’emploi ?

Date de publication : 21 mai 2019 Rubrique : Zoom

Si l’IA avance parfois lentement, c’est aussi parce qu’elle fait peur. Au premier rang des inquiétudes : la destruction de nombreux emplois remplacés par des machines.

Il faut admettre que la question de savoir si l’IA créera plus d’emplois qu’elle n’en détruira est encore loin d’être tranchée. Les dernières recherches du Forum Économique Mondial montrent que les machines accompliront plus de tâches courantes que nous à l’horizon 2025, alors que les humains réalisent aujourd’hui 71 % du total. L’évolution rapide des machines et des algorithmes sur le lieu de travail pourrait générer 133 millions de nouveaux postes, à comparer aux 75 millions qui seront déplacés d’ici 2022. Selon l’organisation internationale, « les défis urgents consistent notamment à offrir des possibilités de reconversion, à permettre le travail à distance et à mettre en place des filets de sécurité pour protéger les travailleurs et les communautés à risque ».En d’autres termes, si l’IA va probablement créer beaucoup d’emplois, ces derniers exigeront un niveau de qualification élevé, contrairement à ceux qui seront supprimés. D’où l’importance d’une transition à anticiper dès à présent.

C’est également le sens des résultats publiés par l’Institut Sapiens dans son étude intitulée « L’impact de la révolution digitale sur l’emploi ». Selon ce think tank, les métiers qui sont le plus menacés, et qui sont appelés à disparaître au 21esiècle, sont les employés de banque et d’assurance, les employés de la comptabilité, les secrétaires de bureautique et de direction, les caissiers et employés de libre-service, et les ouvriers de manutention.

Nouveau monde du travail

Selon l’Institut, « la vague digitale qui engloutira de nombreux emplois risque d’être socialement néfaste si elle n’est pas anticipée ». Il est donc urgent de sensibiliser les collaborateurs et d’accompagner ceux qui vont être directement concernés par ce phénomène dans les prochaines années. Au Maroc, comme ailleurs, il y a une pénurie de profils spécialisés dans l’IA. Si les universités commencent à développer de nouveaux diplômes, il est impératif de proposer également des formations continues dans ces domaines. Ghita Ammor, cofondatrice de Africa Data Lab, encourage ainsi les entreprises à transformer certains bons profils métiers, pour les spécialiser dans l’exploitation des données. Une telle double compétence sera un atout inestimable.

Par ailleurs, comme le recommande Narjis Hilale, professeure à l’International University in Geneva, il devient indispensable pour tous les employés d’améliorer leurs « soft skills » : la communication, la créativité, l’empathie, la confiance, la résolution de problèmes, etc. sont autant de compétences qui permettront de faire face aux robots !

Thomas Brun

1763
articles publiés