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« Le programme Digital Unify vise à combattre la fracture numérique »

Date de publication : 14 mars 2019 Rubrique : Initiatives durables

 

 

Patrice ChastagnerFarah ArronEntretien avec Patrice Chastagner et Farah Arron, respectivement, Membre du board-Responsable Maroc et Responsable pays Maroc de la Fondation STMicroelectronics.

 

 

À qui est destiné le programme Digital Unify et quel est son objectif ?

Patrice Chastagner : Ce programme est destiné à ceux qui ne connaissent rien ou pas grand-chose de l’informatique. Il ne s’adresse pas du tout à des personnes qui souhaiteraient se former de façon approfondie. L’objectif est de leur donner une petite idée de ce qu’est l’informatique. En somme, il vise à combattre la fracture numérique. Au bout de la session de 20 heures de cours, le bénéficiaire doit pouvoir accéder à internet, soumettre une requête via un moteur de recherche, savoir utiliser Word et Excel de manière basique…

Pourquoi la Fondation s’est-elle implantée au Maroc ?

Patrice Chastagner : C’est une des premières implantations à travers le monde pour une raison très simple : STMicroelectronics possède une usine à Bouskoura depuis longtemps. La Fondation a déployé depuis 2003 son action à partir de ce site. Nous sommes passés à un rythme d’environ 12 000 formations par an.

Farah Arron : Nous sommes intervenus dans 12 régions et dans 43 villes et villages. Aujourd’hui, nous avons 39 laboratoires opérationnels, les « Labs ». Nous en sommes à 120 000 bénéficiaires au Maroc sur 500 000 dans le monde. Outre le fait d’abriter une part importante de l’activité internationale de la Fondation, le Maroc est un peu un laboratoire au sein duquel nous lançons de nouveaux programmes.

Patrice Chastagner : Par exemple, nous développons un programme réservé aux 9 à 13 ans (alors que Digital Unify commence à partir de 13-14 ans), baptisé « Digital Unify for Kids (DU4K) », qui est actuellement en test en Inde et au Maroc.

Quelles sont les principales lacunes en matière d’informatique que vous constatez au Maroc ?

Patrice Chastagner : Nous y retrouvons les mêmes lacunes qu’un peu partout sur la planète. Les populations ont besoin d’accès à internet pour des raisons administratives, de recherche d’emploi, pour suivre leur compte bancaire… Au Maroc, nous constatons que les gens s’intéressent souvent à la formation pour pouvoir trouver un travail.

Farah Arron : Parmi les participants, nous avons des étudiants, des collégiens, des lycéens, des fonctionnaires, des immigrés, des gens avec un backgroundéducatif important, mais également des jeunes en abandon scolaire, ou bien d’autres qui veulent améliorer leur champ d’employabilité. C’est très diversifié. C’est l’intérêt et la puissance de ce programme, il s’adresse à tout le monde. Et la cible dépend aussi souvent du partenaire.

Avec quels partenaires travaillez-vous ?

Patrice Chastagner : Ils ont des profils très différents. Cela peut être un ministère, une commune, une communauté de communes, une ONG ou encore d’autres fondations actives dans certaines régions, comme la Fondation Rhamna à Marrakech. Nous avons une approche opportuniste.

Où se trouvent les besoins les plus importants ?

Patrice Chastagner : Cela est difficile à quantifier. Il existe un besoin important dans les zones rurales, c’est très clair. En milieu urbain c’est moins évident, mais dans certains quartiers, on retrouve exactement les mêmes besoins que dans les campagnes.

Farah Arron : Nous avons l’impression que la couverture en termes d’ordinateurs, de tablettes, se développe au Maroc, mais notre expérience montre que cela ne s’accompagne pas forcément d’une connaissance des outils informatiques. Les lycéens et collégiens qui ont leur smartphone savent utiliser les réseaux sociaux, d’accord, mais sont souvent incapables de se servir d’Excel.

Comment se déroulent les cours ?

Farah Arron : La Fondation s’engage à équiper une salle informatique, à former les formateurs, à fournir le support pédagogique. Le cours en lui-même est géré par le partenaire, qui s’engage à mettre à disposition un local dédié, qui pourrait accueillir une vingtaine d’étudiants. À la fin de la formation, les participants font un test qui permet d’obtenir un certificat.

La formation est-elle gratuite ?

Farah Arron : La formation de base est totalement gratuite. Comme l’objectif est de permettre aux ONG partenaires d’accéder à l’autonomie financière, nous leur donnons aussi la possibilité d’utiliser notre salle pour dispenser des cours payants qui peuvent leur générer des revenus.

Patrice Chastagner : Dans ces cas-là, les revenus vont au partenaire et pas à la Fondation. C’est arrivé quelques fois que les partenaires se saisissent de cette opportunité, mais pas souvent.

La fondation ST a-t-elle d’autres projets ?

Patrice Chastagne : Nous proposons un programme avancé de 60 heures qui vise à développer des compétences de façon plus professionnelle. Au-delà de ces programmes, la Fondation organise des actions ponctuelles, comme la rénovation du collège de Bouskoura en 2018 [par des employés de l’usine de Bouskoura, NDLR]. Nous cherchons à tisser des liens étroits avec les employés de STMicroelectronics.

 

Rémy Pigaglio

 

 

 

 

 

 

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