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Jumelles

À la recherche de nouveaux relais de croissance

Date de publication : 2 janvier 2019 Rubrique : Zoom

Confrontées à un ralentissement prolongé de l’économie marocaine, les PME peuvent être contraintes d’aller chercher de nouveaux débouchés. La position stratégique du Maroc et les derniers outils numériques offrent de nombreux atouts aux entreprises qui veulent s’internationaliser.

Les difficultés rencontrées par la PME, dans un contexte de freinage de l’économie marocaine, peuvent être l’occasion d’élargir ses horizons. Avec une population de 35 millions d’habitants et l’absence d’une zone économique régionale intégrée (en attendant l’adhésion à la CEDEAO), le marché marocain peut en effet apporter, selon les secteurs, des débouchés limités.

L’internationalisation peut alors représenter une opportunité d’identifier de nouveaux relais de croissance. Pourtant, peu d’entreprises marocaines exportent. Selon une étude conjointe (menée entre le printemps et fin 2017) de la Banque africaine de développement, du Groupe ISCAE et du FEMISE, relayé par l’Économiste en février dernier, seules 6 000 PME marocaines exportent, dont 1 200 issues du secteur du textile.

Oser l’international

« L’export est une des solutions les plus faciles à mettre en œuvre », relève pourtant Zhor Ababou, experte en développement international, Fondatrice du cabinet AZ Actus. Les PME peuvent ainsi profiter de la situation géographique du Maroc, notamment de sa proximité avec l’Europe, et du coût relativement peu élevé de la main-d’œuvre. « Par exemple, après le début de la crise du secteur, des entreprises de textile ont essayé de développer leur activité sur le marché intérieur, mais cela demandait beaucoup d’investissements dans une marque, des points de vente… L’export s’est avéré plus simple, car l’activité consiste principalement en de la sous-traitance. Une partie de la plateforme de production marocaine, devenue moins compétitive par rapport aux produits asiatiques, s’est tournée vers le réassort pour le fast fashion, parce que les délais de livraison à partir du Maroc sont plus intéressants », poursuit Zhor Ababou.

Les produits du terroir : une niche à valoriser

Dans l’artisanat, beaucoup de TPE ont par ailleurs développé une activité presque exclusivement tournée vers l’export. Le secteur de l’huile d’argan, notamment, a évidemment connu un grand succès à l’international. « Dans ce secteur, le vrai marché est à l’export, car les usages y sont différents à l’étranger », indique Zhor Ababou. Un programme Virtual Market Places a d’ailleurs été déployé par l’État pour inciter les entreprises à utiliser les nouvelles plateformes de commerce en ligne (Amazon, Alibaba…).

Des dispositifs d’accompagnement

Née de la fusion en décembre 2017 de Maroc Export, de l’AMDI et de l’OFEC, l’Agence Marocaine des Investissements et des Exportations (AMDIE) doit apporter un soutien public aux entreprises qui souhaitent s’internationaliser. L’État a par ailleurs mis en place le dispositif Primo-exportateurs, qui offre un accompagnement sur trois ans aux entreprises qui s’apprêtent à exporter, via notamment des formations, un appui stratégique ou encore le financement de certaines actions. L’entreprise peut aussi se tourner vers les associations professionnelles, Maroc PME ou les institutions internationales.

Rémy Pigaglio

LE CONSEIL DE L’EXPERT

Zhor Ababou, Fondatrice du cabinet AZ Actus

« Il ne faut pas négliger les spécificités des marchés que l’entreprise souhaite cibler. Les règles de certification, notamment, sont primordiales et peuvent énormément varier entre les pays. La certification n’est généralement pas difficile à obtenir, mais elle peut être très coûteuse. »