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Le Pacte de Marrakech définitivement adopté par l’Assemblée Générale de l’ONU

Date de publication : 26 décembre 2018 Rubrique : Echos international

Fruit de longues négociations, le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières a été largement adopté le 19 décembre dernier. Il fixe 23 objectifs pour améliorer la coopération internationale en matière de migration.

Le 19 décembre dernier, l’Assemblée Générale de l’ONU a définitivement approuvé le désormais dénommé Pacte de Marrakech. 152 pays ont voté pour ce Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. 12 se sont abstenus et cinq ont voté contre (États-Unis, Hongrie, République tchèque, Pologne et Israël).

Les 10 et 11 décembre 2018, 165 États membres des Nations unies s’étaient réunis à Marrakech pour adopter ce document inédit, le premier à traiter au niveau mondial la migration sous tous ses différents aspects. Le processus de son élaboration avait démarré en 2016 et se voulait une réponse aux défis posés par les migrations, qui ont causé une crise politique en particulier en Europe.

« C’est un jour merveilleux, une occasion merveilleuse. Ce pacte aura un énorme impact positif dans la vie de millions de gens – les migrants eux-mêmes, les personnes qu’ils ont laissées derrière eux et les communautés qui les accueillent », s’est réjouie Louise Arbour, Représentante Spéciale de l’ONU pour les migrations internationales, après l’adoption du Pacte le 10 décembre à Marrakech.

Pour rappel, le 19 septembre 2016, une Déclaration de New York avait initié, l’élaboration de deux nouveaux textes, l’un sur les migrants et l’autre consacré spécifiquement aux réfugiés. Après des mois de négociations, tous les États membres s’étaient mis d’accord en juillet dernier, à l’exception des États-Unis qui s’étaient brutalement retirés du processus en décembre 2017.

Certains États membres avaient pourtant décidé, dans les semaines précédant la conférence intergouvernementale de Marrakech, d’annoncer qu’ils ne soutiendraient finalement pas le Pacte. La Hongrie, la Pologne, l’Autriche, l’Australie ou encore la République dominicaine en font partie. La polémique a été entretenue en particulier parmi les populistes de droite européens qui l’accusaient de préparer une vague migratoire.

S’il vise à rendre « bénéfiques à tous » les migrations, « il ne crée pas de droit à migrer », a rappelé Louise Arbour avant son adoption. La diplomate avait trouvé « regrettables » ces retraits de dernière minute. Le document de 41 pages est d’ailleurs expressément non contraignant. Il « réaffirme le droit souverain des États de définir leurs politiques migratoires nationales et leur droit de gérer les migrations relevant de leur compétence, dans le respect du droit international ». Il rappelle que les différents traités internationaux s’appliquent à tous, y compris aux migrants, notamment la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Le texte fixe 23 « objectifs », tels qu’une meilleure information des migrants, la lutte contre le trafic humain, le recueil de données sur les migrations, l’accès aux services de base pour les migrants, mais aussi la lutte contre les problèmes qui poussent des personnes à quitter leur pays ou encore la coopération pour faciliter un retour dans le pays d’origine.

Il se penche notamment sur l’aspect économique de la migration. Son objectif n° 6 consiste à « favoriser des pratiques de recrutement justes et éthiques et assurer les conditions d’un travail décent ». L’objectif 18 évoque quant à lui la nécessité d’« investir dans le perfectionnement des compétences et faciliter la reconnaissance mutuelle des aptitudes, qualifications et compétences ». Le pacte aborde aussi la question des transferts d’argent et préconise des « envois de fonds plus rapides, plus sûrs et moins coûteux » dans son objectif 20.

« Le Maroc a soutenu le pacte dès le départ, convaincu que seule une approche multilatérale peut régler les questions de migration », a assuré le Ministre des Affaires Étrangères marocain, Nasser Bourita, après l’adoption. La France, également signataire, était représentée à Marrakech par le Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne.

 

Rémy Pigaglio