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Quel nouveau modèle de développement pour le Maroc ?

Date de publication : 31 octobre 2018 Rubrique : Actus CFCIM

Dans le cadre des travaux de sa Commission Économique et Financière, la CFCIM a organisé le 23 octobre dernier un petit-déjeuner d’information sur le thème « Une contribution au débat sur un nouveau modèle de développement au Maroc ». Retour sur cette rencontre animée par Jean-Luc Martinet, Président d’Honneur de la CFCIM.

Malgré les stratégies sectorielles et les nombreuses avancées économiques enregistrées ces dernières décennies, le Maroc peine toujours à résorberle chômage des jeunes et à réduire les inégalités sociales et régionales. Il y a un an, Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait ainsi appelé les forces vives du pays à réfléchir à de nouvelles solutions et à débattre en vue d’élaborer pour le Royaume un nouveau modèle de développement, plus inclusif. Au cours de sa présentation, Jean-Luc Martinet a tout d’abord analysé les différentes causes du chômage avant de proposer des pistes de réflexion pour le faire diminuer.

Une croissance insuffisante pour résorber le chômage

Au Maroc, le rythme de croissance actuel ne permet pas de générer suffisamment d’emplois pour absorber les 350 000 jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail. À titre d’exemple, selon les chiffres du Haut-Commissariat au Plan, les créations d’emploi sur la période 2017-2018 (117 000 au total) n’auraient ainsi même pas couvert la moitié des besoins annuels. Autre constat, les disparités qui se creusent entre les villes et le monde rural dont le PIB par habitant est 4 fois inférieur au PIB urbain.

Des zones régionales de développement économique

Partant du constat qu’il est difficile d’engager des réformes, d’améliorer la compétitivité et de créer de l’emploi simultanément sur l’ensemble du territoire, Jean-Luc Martinet propose de « créer des aires protégées pour recréer les conditions de la re-densification industrielle ». La création de zones franches d’activité spécifiques, bénéficiant d’un statut particulier, permettrait ainsi d’encourager l’investissement productif et de lutter contre l’informel. En étant réparties sur l’ensemble du pays et non plus concentrées au niveau des grands pôles urbains, ces zones pourraient contribuer à réduire les inégalités territoriales ainsi qu’à améliorer la répartition des richesses. Ce système devrait en outre favoriser le transfert de technologie qui reste relativement limité dans les actuelles Zones Franches d’Exportation.

A l’occasion de ce petit-déjeuner d’information, la Commission Économique et Financière de la CFCIM a en outre ouvert le débat sur le fait de devenir un think tank créateur de nouvelles stratégies économiques.