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Casablanca Finance City se finance via un green bond

Date de publication : 11 octobre 2018 Rubrique : Echos Maroc

La place financière de Casablanca a émis fin septembre dernier un « green bond » d’une valeur 335 millions de dirhams par le biais d’un placement privé. Cette « obligation verte » servira à financer l’extension du programme immobilier de Casablanca Finance City (CFC). « La tour CFC [actuellement en construction, NDLR] ne suffit déjà plus aujourd’hui pour notre communauté de 160 entreprises membres de CFC, qui seront amenés à s’installer dans le quartier. Ce programme d’extension permettra de construire de deux nouveaux bâtiments certifiés LEED [haute qualité environnementale », précise Manal Bernoussi, Directeur Stratégie, Marketing et Communication de CFC.

Les deux bâtiments, qui ne seront pas des tours, auront une surface globale d’environ 20 000 m². L’opération a été émise auprès de « grands institutionnels du Royaume », précise CFC, ainsi que de l’assureur français AXA. La maturité de l’emprunt est de 15 ans.

La particularité des green bonds tient essentiellement dans leur destination. L’Autorité Marocaine des Marchés de Capitaux (AMMC) leur a consacré un guide en 2016. L’AMMC y présente les green bonds comme « des obligations dont le produit est exclusivement affecté au financement ou au refinancement, total ou partiel, de nouveaux projets ou de projets existants ayant des impacts environnementaux positifs ». Elle précise qu’ils « n’ont pas de caractéristiques spécifiques en termes de structuration financière ».

Au Maroc, le premier green bonda été émis fin 2016 par Masen pour un montant de 1,15 milliard de dirhams pour financer plusieurs projets d’énergie renouvelable. Bénéficiant de la garantie de l’État, il a été réalisé à travers un placement privé auprès d’Al Barid Bank, d’Attijariwafa Bank, de la Caisse Marocaine des Retraites et de la Société Centrale de Réassurance.

BMCE Bank of Africa a été, de son côté, la première banque marocaine à émettre une obligation verte, d’une valeur de 500 millions de dirhams, à laquelle a notamment souscrit Proparco (du groupe de l’Agence Française de Développement). En 2017, c’est la Banque Centrale Populaire qui recourait à ce financement pour un montant de 1,5 milliard de dirhams.

CFC n’exclut pas d’émettre d’autres green bondsà l’avenir. « Rien n’est figé », indique Manal Bernoussi, qui rappelle que CFC avait accueilli, en septembre 2017, la création du réseau international des places financières pour le développement durable (FC4S).

Apparus en 2007, les green bondsont connu un record d’émission en 2017 à l’échelle mondiale, à 155 milliards de dollars, selon Climate Bonds Initiative, une ONG qui promeut leur utilisation. Les États-Unis, la Chine et la France ont représenté l’an dernier 56 % du total des émissions. L’organisation estime que les émissions pourraient atteindre 250 à 300 milliards de dollars en 2018.

Rémy Pigaglio