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Dirham

Le Maroc s’apprête à émettre son premier sukuk souverain

Date de publication : 10 juillet 2018 Rubrique : Echos Maroc

Près d’un an après le lancement des premières banques participatives, le cadre réglementaire relatif aux sukuks vient d’être adopté par le gouvernement. Le Maroc devrait émettre en juillet son premier sukuk souverain portant surun montant d’un milliard de dirhams.

« Le cadre réglementaire est maintenant prêt pour que le Maroc émette son premier sukuk souverain dans les prochaines semaines », déclarait début juin le Ministre de l’Économie et des Finances Mohamed Boussaid à Reuters. Selon l’agence britannique, le montant de ce premier sukuk devrait atteindre 1 milliard de dirhams.

Les banques participatives disposeront donc, avec le sukuk, d’un moyen de financement supplémentaire. D’autant que, selon l’expert en finance participative et fondateur du cabinet Abwab Consultants, Abderrahmane Lahlou, « les banques participatives ont presque épuisé leurs ressources propres ». Le Wali de Bank Al-Maghrib Abdellatif Jouahri a pour sa part indiqué mi-juin que le volume de financement participatif avait atteint 1,1 milliard de dirhams. Il a aussi précisé que le premier sukuk souverain serait émis en juillet.

Les sukuks sont, en quelque sorte, la version participative des obligations du secteur bancaire conventionnel. Selon la définition de la Banque Islamique de Développement, « contrairement aux obligations conventionnelles, qui confèrent la propriété d’une dette, le sukuk accorde à l’investisseur une part d’un actif, ainsi que des flux de trésorerie et des risques proportionnés ».

« Le cadre réglementaire adopté il y a quelques semaines est très bien fait. Il offre beaucoup de flexibilité aux banques », commente Abderrahmane Lahlou. Il vient compléter l’écosystème de la finance participative. Depuis le lancement des premières banques participatives durant l’été 2017, l’ensemble du cadre réglementaire nécessaire aux produits participatifs (mourabaha, ijara, etc.) a été publié, à l’exception de celui de l’assurance takaful. « L’absence du takafula certainement plafonné les financements, indique Abderrahman Lahlou. Car l’activité est techniquement permise, mais sans assurance, les banques sont frileuses. »

Rémy Pigaglio