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Microcredit

Microcrédit, le nerf de la guerre de l’économie sociale et solidaire ?

Date de publication : 12 juin 2018 Rubrique : Zoom

Créé en 2007 par la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, le Centre Mohammed VI de Soutien à la Microfinance Solidaire (CMS), situé à Aïn Sebaâ, se veut un levier de croissance pour la microentreprise.

Selon le directeur du Centre, Az El Arab Alami Ouazzani, le CMS a vu le jour afin de soutenir les acteurs du secteur de la micro-finance et de permettre ainsi à une frange plus large de la population cible d’accéder à ce type de financement. Cet appui se traduit tout d’abord par la formation du personnel des associations de microcrédit et de leurs clients bénéficiaires dans le but « de développeretdeconceptualiserlespratiques en la matière et de transférer le savoir-faire acquis par les intervenants grâce à leur expérience sur le terrain », nous apprend-on.
Ce volet prend la forme d’ateliers, de séminaires et de conférences. Autre activité du CMS : l’instauration d’un système d’information, de documentation et de veille sectorielle par l’intermédiaire de l’Observatoire de la Microfinance. Ses principaux objectifs sont,

entre autres, de mettre à la disposition de ses utilisateurs un fonds documentaire, mais aussi de suivre l’évolution de la branche, tant au niveau national qu’international et de réaliser des études sectorielles. Enfin, le CMS s’occupe également de la promotion de la microentreprise et de l’appui à la commercialisation de ses produits et services notamment par le biais de foires itinérantes organisées dans les différentes régions du Maroc.

Sortir de la précarité

« Nous sommes des partenaires du Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie Solidaire, notamment à travers notre action dans le cadre du Salon de l’Économie Sociale et Solidaire où nous nous occupons principalement de la formation des exposants. Nous réalisons la même opération lors du Salon de l’Agriculture (SIAM) », explique Fayssal El Aoufir, Responsable Appui à la Commercialisation au sein du CM, avant de souligner : « Nous choisissons les participants, les thèmes de la formation et veillons à la diversification des articles exposés. » Le CMS organise en outre des foires solidaires auxquelles prennent part des coopératives, associations, micro-entrepreneurs, autoentrepreneurs, TPE… « Ce sont des structures qui travaillent en majorité sur les produits du terroir, l’artisanat, l’art et décoration, la céramique, la vannerie… Et le seul secteur qui peut financerces entités fragiles, est la microfinance », argumente-t-il. Selon le CMS, ce genre de prêts combiné à d’autres aides a permis à de nombreuses personnes d’améliorer leurs conditions de vie, ainsi qu’à des structures de passer de l’informel au formel. « L’apport est de taille et l’impact est réel. Nous avons près d’un million de bénéficiaires de prêts de la microfinance. Puis, chaque micro-entrepreneur fait travailler plusieurs personnes autour de lui. De plus, nous sommes l’un des dix meilleurs employeurs du pays », conclut Az El Arab Alami Ouazzani, Directeur du CMS.

Hicham Houdaifa

Le microcrédit en chiffres

Selon la Fédération Nationale des Associations de Microcrédit (FNAM), les chiffres globaux témoignent d’un développement significatif : le volume de crédit représente plus de 6,7 milliards de dirhams, soit 938 000 bénéficiaires. « Le portefeuille à risque, qui est le principal indicateur du risque crédit, reste maitrisé, s’élevant à 3,12 % en 2017 contre 2,38 % en 2016. La branche est l’un des premiers employeurs au Maroc avec 7 230 emplois directs et plus d’un million d’emplois indirects. L’approche genre est très présente dans le secteur, 50 % de la main-d’œuvre et 40 % des bénéficiaires de microcrédit sont des femmes. 18 % de nos bénéficiaires sont des jeunes

porteurs de projet sous forme de microentreprises », peut-on lire dans un document de la FNAM.
Sur un réseau global de 1 650 agences fixes, 40 % sont implantées en milieu rural. « Plus de 150 unités mobiles sont dédiées exclusivement au rural, y compris dans les zones enclavées. L’activité de la micro assurance poursuit son développement avec plus de 750 000 contrats et plus de 1 700 000 adhérents. L’effort de bancarisation des bénéficiaires du microcrédit continue avec l’ouverture de plus de 500 000 comptes dans le cadre de l’intermédiation en opération de banque (IOB) », apprend-on de la même source.