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Coface : le risque de change en Afrique s’atténue, malgré des tensions persistantes

Date de publication : 30 mai 2018 Rubrique : Echos international

Dans une note datée d’avril dernier, la Coface relève une accalmie pour le risque de change en 2018 en Afrique. Les tensions restent toutefois importantes, « comme en témoigne la dépréciation de 30 % du kwanza angolais depuis la libéralisation partielle du régime de change en janvier 2018 ».

L’auteur de la publication, l’Économiste Ruben Nizard, rappelle que le ralentissement de l’activité et la dégradation des termes de l’échange (rapport entre l’indice du prix des exportations et celui des importations) sur le continent ont provoqué des pressions baissières sur les devises ces dernières années. « Depuis 2013, la plupart des devises africaines ont ainsi perdu plus de 20 % de leur valeur », souligne-t-il. Les conséquences sont une accélération de l’augmentation des prix des produits importés, une augmentation du fardeau de la dette libellée en devise et des coûts plus élevés pour l’import et l’export.

En 2017, c’est notamment la hausse des prix des matières premières qui a permis une atténuation des dépréciations. Toutefois, le risque reste important, notamment dans les pays les plus dépendants de la rente des matières premières à cause de « la sévère détérioration des balances budgétaires et des comptes courants entre 2014 et 2016 [qui] continuent d’entretenir la pression sur les taux de change ».

En Afrique du Nord, le doublement de la production de pétrole en Libye et la dépréciation de la livre égyptienne (liée à sa flexibilisation) ont permis à ces deux pays de diminuer leur risque de change. En revanche, les tensions ont été alimentées par la hausse des importations en Tunisie ainsi que par l’interdiction début 2018 de l’importation de 900 produits en Algérie dans le but de réduire le déficit commercial du pays.

Au sein de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), qui dispose d’un régime de change fixe, l’aggravation du déficit extérieur a entraîné une dégradation de l’indice de risque de change en 2016. « En revanche, en 2017, les réserves ont commencé à se reconstituer au Mali (où la production d’or a augmenté de 5 %) et au Niger (avec la hausse des exportations d’uranium et de pétrole) », indique la note.

À l’échelle du continent, ces réserves ont subi un choc important ces dernières années. « [Le] niveau médian de couverture des importations dans les pays d’Afrique était de 3,9 mois en 2014, il s’est contracté à 3,2 mois trois ans plus tard », précise l’auteur. Notamment, « compte tenu de la dépendance aux ressources naturelles, le déclin des réserves peut être extrêmement rapide », ce qui expose le marché des changes « à de très fortes variations ».

 

Rémy Pigaglio