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Karim Cheikh

Aéronautique : augmentation du taux d’intégration

Date de publication : 8 mai 2018 Rubrique : Echos Maroc

« Nous tablons sur un taux de croissance du secteur aéronautique de 20 % »


Interview de Karim Cheikh, Président du Groupement des Industries Marocaines Aéronautiques et Spatiales (GIMAS)

Conjoncture : Le taux d’intégration locale du secteur aéronautique est passé de 17 % en 2015 à 29% en 2018. Comment expliquer ce bond ?

Karim Cheikh :Le Maroc a su mettre en place les mesures stratégiques pouvant accueillir les entreprises en quête de nouvelles capacités de production compétitives et qualitatives. Nous récoltons aujourd’hui les fruits de ces efforts et nous tablons sur un taux de croissance de 20%. Il s’agit principalement d’une croissance organique.

Par ailleurs, nous avons élaboré une cartographie globale de nos métiers qui a permis d’identifier les chaînons manquants, de les compléter avec des opérateurs locaux et d’attirer des investisseurs étrangers.

Nous veillons tous les jours à ce que notre modèle marocain s’adapte continuellement pour conserver et améliorer sa position. Notre objectif d’intégration locale, fixé au départ à 35% à l’horizon 2021, a d’ailleurs été revu à la hausse pour être porté à 42 %.

Le secteur est donc en bonne santé ?

Il se porte très bien. Le défi pour les opérateurs installés est maintenant de tenir les délais car les carnets de commande des motoristes et des avionneurs sont toujours pleins. Le GIMAS lancera bientôt une action « performance industrielle », destinée à accompagner des grappes composées de donneurs d’ordre et de fournisseurs vers la performance.

Quels sont les écosystèmes qui composent, aujourd’hui, le secteur au Maroc ?

Quatre écosystèmes sont en place : la fabrication mécanique et l’assemblage, le câblage et l’électronique, l’ingénierie et enfin la maintenance et la réparation (MRO). Nous entamons une autre phase de développement en intégrant de nouvelles activités à fort potentiel telles que le composite, les moteurs et l’électronique embarquée.

Parmi les écosystèmes existants, nous mettons l’accent sur la maintenance et la réparation des avions et des moteurs dans l’optique de cibler les compagnies aériennes européennes et africaines. Aujourd’hui, deux grosses implantations le structurent : le centre historique de la Royal Air Maroc et la joint-venture d’Air France Industries et la RAM. Nous avons également des PME à Benslimane, Casablanca et Marrakech. Nous travaillons à la mise en place d’un centre de formation et de certification de techniciens MRO.

Nous travaillons également beaucoup sur notre écosystème ingénierie. Le GIMAS a créé fin 2017 un Cluster Aerospace dédié à l’innovation et la R&D qui se veut une plate-forme collaborative entre les industriels, les centres de recherches des écoles d’ingénieurs et des universités et les porteurs de projets.

L’accent a été mis sur la formation. Comment faire en sorte que les besoins en ressources humaines soient satisfaits ?

En plus de l’Institut des Métiers de l’Aéronautique, qui a formé plus de 1500 techniciens à fin 2017, l’État est fortement engagé avec le GIMAS pour favoriser l’adéquation entre les besoins des industriels et les dispositifs de formation. Certains de ces dispositifs sont à développer et à réformer, d’autres restent à créer pour répondre aux besoins tant en volume et en infrastructures, qu’en filières de formation.

Où en est l’implantation de Boeing et de son écosystème ?

La convention signée en septembre 2016 devant Sa Majesté prévoit l’installation de 120 fournisseurs de rangs 1 et 2, la création de 8 700 emplois, ainsi qu’un impact économique d’1 milliard de dollars. Une équipe de la Direction de l’Aéronautique du Ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie Numérique a été dédiée à cet écosystème et travaille tous les jours avec les équipes de Boeing. C’est un écosystème important dont la mise en place, comme pour tout projet de cette envergure, prend un peu de temps.

 

Propos recueilli par Rémy Pigaglio

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