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Lancement de l’initiative pour l’économie bleue en Méditerranée occidentale

Date de publication : 9 janvier 2018 Rubrique : Initiatives durables

L’Union pour la Méditerranée (UPM) a organisé, les 29 et 30 novembre 2017 à Naples, la conférence des acteurs de l’économie bleue pour accélérer la coopération des acteurs de la région dans ce domaine. L’événement a regroupé 400 parties prenantes de ce secteur. En outre, un processus inédit a été lancé en parallèle : l’initiative pour le développement durable de l’économie bleue en Méditerranée occidentale, qui réunit dix pays, dont la France et le Maroc.

Portée et financée par la Commission européenne, l’« initiative OuestMed » a pour but d’améliorer la coopération entre les pays de la région et tirer profit des ressources offertes par l’économie bleue. Selon la Commission, la Méditerranée occidentale abrite 200 ports et terminaux, 481 aires marines protégées et sites Natura 2000, accueille plus de 200 millions de nuitées dans les zones côtières, et génère 36 000 emplois directs sur les bateaux de pêche.

« L’économie bleue est un moteur pour le développement durable et la création d’emplois dans la région, tout en contribuant au développement humain, à l’intégration régionale et à la stabilité », a souligné le secrétaire général de l’UPM, Fathallah Sijilmassi dans un communiqué. Le Maroc, qui prendra la présidence de l’initiative en 2019 (avec la France) et en 2020 (avec l’Italie) était représenté à Naples par la Secrétaire Générale du département de la pêche maritime, Zakia Driouch.

Trois grands objectifs ont été fixés : un espace maritime plus sûr, une économie bleue intelligente et résiliente et une meilleure gouvernance de la mer. Cela passera notamment par une surveillance plus étroite des frontières, une augmentation de 25 % des marinas et éco-ports certifiés, une progression de 20 % de la production aquacole ou encore par l’extension aux pays du Sud du dispositif EMODNet de centralisation des données marines.

Alors que les États membres de l’initiative espèrent atteindre tous ses objectifs d’ici à 2024, le spécialiste du droit de la mer et coprésident du comité scientifique du Forum de la mer d’El Jadida, Miloud Loukili, plaide pour que le Maroc « passe à la vitesse supérieure, avec un territoire maritime qui dépasse son territoire terrestre, l’atout du détroit de Gibraltar et sa double façade maritime. Il faut une stratégie maritime, une ambition maritime. »

« La Méditerranée est une mer semi-fermée qui connaît des signes d’essoufflement à cause de l’urbanisation constante, de la pollution, de la surpêche, etc. Il est indispensable de conjuguer les efforts des pays méditerranéens, notamment pour définir une véritable politique des pêches », réclame Miloud Loukili. L’un des objectifs de l’initiative OuestMed est justement la mise en place d’un suivi des principaux stocks de poissons de la région d’ici à 2020.

Rémy Pigaglio