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Infrastructures : une décennie de progrès et un équilibre à trouver

Date de publication : 19 décembre 2017 Rubrique : Zoom

Depuis une dizaine d’années, le Maroc a accompli d’immenses progrès au niveau de ses infrastructures. Porté par une vision royale très ambitieuse, l’ensemble des acteurs nationaux ont contribué à l’essor de grands chantiers et à la mise à niveau de nombreux équipements.

Depuis 2007, le Maroc a dépensé en moyenne chaque année 42 milliards de dirhams pour ses infrastructures. A titre de comparaison, ce chiffre s’élevait à près de 15 milliards de dirhams par an durant les décennies 1980 et 1990 et à 32 milliards de dirhams dans les années 2000. Aujourd’hui, le Royaume se situe autour de la 70e place dans l’indice mondial de compétitivité du « Global Competitiveness Index » publié par le World Economic Forum, notamment grâce au critère des infrastructures pour lequel il est classé parmi les meilleurs pays d’Afrique.

Une vision royale à long terme

Depuis son accession au trône, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a inscrit le Maroc dans une vision à long terme dont l’ambition est de faire du Royaume un leader du continent africain, tout en s’appuyant sur un ensemble de régions fortes. La carte du Maroc de demain se dessine alors peu à peu avec des projets de grande envergure et la

volonté de faire progresser l’ensemble des infrastructures du pays. D’une part, des efforts ont été accomplis pour développer les équipements de base, tels que l’accès à l’eau et à l’électricité ou encore la densification du réseau routier sur l’ensemble du territoire et, d’autre part, ce sont plusieurs chantiers spectaculaires qui ont été lancés pour faire du Maroc une place forte du continent, à l’interface de l’Europe.

Tanger MedTanger Med, le pilier

Au premier rang de ces chantiers, le port de Tanger Med est un projet gigantesque, lancé en 2007, qui a nécessité 78 milliards de dirhams d’investissement public et privé. Ses capacités sont exceptionnelles : 9 millions de conteneurs, 7 millions de passagers, 700 000 camions TIR (« Transit International Routier ») ou encore 1 million de véhicules pour l’export. Tanger Med a également permis le développement de 6 zones industrielles et logistiques, s’étendant sur une plateforme de 1 600 ha, avec pour locomotive l’usine Renault vient d’exporter son millionième véhicule. Grâce à Tanger Med, le Maroc a intégré depuis plusieurs années le top 20 mondial de la connectivité logistique, selon le classement annuel de la CNUCED. De même, selon le Financial Times, Tanger Med et ses 750 entreprises en activité forment la première zone franche industrielle en Afrique.

Mise à niveau des ports et aéroports

Le site de Tanger Med est venu compléter un réseau portuaire déjà composé de 38 ports, dont 13 dédiés au commerce extérieur. Tous seront renforcés et modernisés dans le cadre de la Stratégie Portuaire Nationale à l’horizon 2030. Avec plus de 6 milliards de dirhams d’investissements au titre de son programme quinquennal 2017-2021, dont plus de 2,9 milliards de dirhams au titre de l’année 2017, l’Agence Nationale des Ports poursuit la mise à niveau des équipements portuaires.

Parmi les priorités : le nouveau port de Safi, Nador West Med ou encore le port de Kénitra Atlantique, qui devra accompagner l’entrée en production de l’usine PSA.

Du côté des aéroports, la dernière décennie a été marquée par la politique d’Open Sky : les 18 aéroports du Maroc, dont 16 sont internationaux, sont désormais desservis par une multitude de compagnies internationales qui les relient aux principales capitales économiques et places d’affaires mondiales. Concernant le volet des infrastructures, différents chantiers ont été achevés, permettant l’exploitation de nouvelles plateformes à Fès Saiss, Marrakech Menara, Beni Mellal et Rabat Salé notamment.

PontDéveloppement des routes et autoroutes

Indispensable pour le développement du pays et un aménagement équilibré du territoire, le réseau routier a également connu un important renforcement depuis plusieurs années. Il totalise aujourd’hui 57 334 km. Les autoroutes, qui s’étendent actuellement 1 800 km, jouent un rôle clé dans le développement du pays. Ainsi, actuellement, 60 % de la population est directement reliée à ce réseau et 85 % réside à moins d’une heure d’une autoroute. De même, toutes les villes de plus de 400 000 habitants sont rattachées au réseau autoroutier et de nouveaux tronçons sont régulièrement mis en service par Autoroutes du Maroc (ADM). Par exemple, en 2016, a été inaugurée l’autoroute El Jadida-Safi, longue de 140 km, ainsi que le tronçon du contournement de Rabat, long de 41 km, dont le pont à haubans est actuellement le plus grand d’Afrique. Depuis 2010, ADM a également ouvert l’autoroute Berrechid-Beni Mellal (172 km), Fès-Oujda (320 km), et Marrakech – Agadir (180,5 km).

LGV et Maroc à grande vitesse

LGVDans cette dynamique d’investissement, les voies de chemin de fer ne sont pas en reste : la Ligne à Grande Vitesse (LGV) représente en effet un autre grand chantier de la décennie. Avec ce projet colossal lancé en 2011, le Maroc deviendra le premier pays d’Afrique à lancer un train à 320 km/h sur son réseau ferré. Les essais ont débuté en septembre dernier et la ligne entre Tanger et Kénitra devrait ouvrir en juin 2018, avant de se poursuivre jusqu’à Casablanca. Cet impressionnant chantier compte 12 viaducs, 169 ponts-routes et ponts-rails et plus d’une centaine d’ouvrages hydrauliques, pour un investissement initialement estimé à 20 milliards de dirhams. A l’horizon 2035, le schéma directeur indique que le projet s’étendra entre Agadir et Oujda, en passant notamment par Marrakech et Fès.

En attendant, l’ONCF œuvre pour la restructuration et la modernisation du réseau existant. L’office exploite actuellement 2 110 km de lignes ferroviaires, avec 120 gares qui sont régulièrement rénovées. Les principaux investissements consistent à doubler, voire tripler, les voies autour de Casablanca pour améliorer les capacités d’accueil et les temps de parcours.

Priorité aux énergies renouvelables

L’autre grand projet de la décennie est incontestablement celui des énergies renouvelables, avec à leur tête le titanesque chantier de la centrale solaire Noor. En avril dernier, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a en effet procédé au lancement des travaux de réalisation de la Centrale Noor Ouarzazate IV, dernière étape du plus grand complexe énergétique solaire au monde. Construites sur plus de 3 000 hectares, les quatre centrales solaires multi-technologiques Noor sont développées aux normes internationales, tant au niveau technologique qu’environnemental, et sont associées à une plateforme de recherche et développement qui s’étend sur plus de 150 hectares. Le projet, qui sera terminé au premier trimestre 2018, déploiera, à terme, une capacité totale de 582 mégawatts (MW), pour un investissement total de 24 milliards de dirhams. Au-delà du solaire, c’est l’Agence Masen, créée en 2010, et l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (ONEE) qui sont chargés de la mise en œuvre de la vision nationale en matière d’énergies renouvelables. Et les objectifs du Royaume dans ce domaine sont très ambitieux : 42 % du mix énergétique d’origine renouvelable à l’horizon 2020, et 52 % d’ici 2030 ! Pour y parvenir, Masen prévoit une capacité totale minimale additionnelle de 3 000 MW en 2020 et 6 000 MW d’ici 2030, répartie entre les énergies solaire, éolienne et hydraulique.

Un modèle à exporter ?

Capitalisant sur ses expériences en matière de développement d’infrastructure, le Maroc devient une référence internationale et entend exporter son savoir-faire, notamment dans le reste du continent. Pilier de la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’ouverture vers l’Afrique passe par la construction d’équipements susceptibles de développer l’activité économique, mais également par la capacité à mener de grands chantiers à l’étranger. En soutenant l’essor de champions nationaux dans différents domaines, tout en développant des écosystèmes sectoriels puissants, le Maroc démontre sa compétence et son ambition.

Thomas Brun