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L’industrie navale signe un contrat performance avec l’État

Date de publication : 16 octobre 2017 Rubrique : Echos Maroc

Après l’automobile et l’aéronautique, le Maroc s’attaque à l’industrie navale. Afin de développer ce secteur et de le valoriser à l’export, un contrat performance a été signé en juin 2017 avec l’État. Un contrat qui s’inscrit dans le cadre du Plan directeur de développement des infrastructures portuaires. Conjoncture a cherché à en savoir plus.

Ce contrat performance de l’industrie navale a pour objectif de mobiliser tous les acteurs pour faire de ce secteur une véritable industrie, alors qu’il ne s’agit aujourd’hui que d’une petite industrie », nous confie Abdelhamid Souiri. Le Président de la Fédération des Industries Métallurgiques, Mécaniques et Électromécaniques (FIMME) espère que le contrat, signé le 13 juin dernier, permettra au secteur de « créer de l’emploi, générer de l’export, des recettes en devises ».

Révélé début septembre par Médias24, ce document a été signé par le Ministre de l’Économie et des Finances, le Ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce, et de l’Économie Numérique et Abdelhamid Souiri. Il concerne l’ensemble de l’industrie navale, c’est-à-dire la construction navale, la réparation navale et le démantèlement de navires. Le contrat fixe plusieurs engagements : mettre à niveau ou créer des infrastructures, développer les métiers spécialisés, mettre en place un cadre réglementaire, mettre en place des outils de financement, développer les débouchés du marché. À l’instar de ce qui existe dans d’autres secteurs industriels, un comité de pilotage doit être créé.

Un secteur à fort portentiel

Le contrat performance s’inscrit dans le cadre du Plan directeur de développement des infrastructures portuaires dédiées à l’industrie navale, présenté en mai 2016 par le Ministère de l’Équipement, des Transports et de la Logistique. Celui-ci fixe des objectifs ambitieux pour le secteur à l’horizon 2030. Pour ce qui concerne la construction navale, la production annuelle passerait de 12-15 navires à 130 navires. Le pays capterait aussi la réparation de la flotte nationale tout en développant une offre à l’export. Enfin, le pays devrait devenir un pôle régional de démolition navale, ce qui permettrait d’approvisionner l’industrie sidérurgique. Le plan prévoit 4 à 5 milliards de dirhams d’investissement.

« Ces investissements ont pris du retard », indique néanmoins Abdelhamid Souiri. L’homme d’affaires rappelle que le Maroc dispose de plus de 3 000 kilomètres de côte. « Nous sommes logiquement amenés à développer cette industrie. En plus du marché local, nous pouvons capter le marché international. Le Maroc est un lieu de passage, il faut le mettre en valeur. Aujourd’hui, il existe des sociétés performantes, mais les infrastructures ne sont pas assez disponibles », relève-t-il. La FIMME espère que le secteur générera en 2030 une valeur ajoutée de 1,6 à 2,3 milliards de dirhams.

En construction, il existe quatre acteurs locaux tandis que la réparation navale est principalement assurée par CAM (Chantiers et Ateliers du Maroc). Cette entreprise possède le chantier naval le plus important, à Casablanca. Selon Abdelhamid Souiri, la mise à niveau de ce chantier devrait être terminée cette année, mais les travaux ont pris du retard. Il sera certainement prêt l’an prochain. D’autres chantiers importants se trouvent à Agadir et Tan Tan. Par ailleurs, certaines villes accueillent des infrastructures de faible importance qui pourraient être amenées à être développées.

Rémy Pigaglio