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Startup

L’essor des incubateurs

Date de publication : 19 mai 2017 Rubrique : Zoom

Si le Technopark a longtemps été seul, de plus en plus d’incubateurs sont créés dans le pays depuis quelques années. Marocains ou étrangers, ils forment les jeunes entrepreneurs sur les différentes thématiques auxquels ils vont être confrontés. Ils sont aussi un bon moyen de construire son réseau. Petite sélection.

Espace Bidaya

espace bidaya 2Espace Bidaya se démarque par son positionnement exclusivement axé sur l’entrepreneuriat social et greentech. L’incubateur a été créé en 2014 à l’initiative du français Inco (anciennement Le Comptoir de l’innovation), qui agit en faveur de l’économie sociale et écologique. « L’activité historique d’Inco est l’investissement, avec un fonds de 100 millions d’euros, puis d’autres métiers se sont développés, dont l’incubation », explique Yasmine Berrada, responsable d’Espace Bidaya à Casablanca. L’incubation dure 12 mois et une nouvelle promotion de six ou sept entrepreneurs est sélectionnée chaque semestre.
Deux formations sont organisées chaque mois pour les entrepreneurs sur des thématiques de l’entrepreneuriat ou du développement personnel. Une équipe de cinq personnes assure le suivi individuel de chaque projet. Un rendez-vous est programmé au moins une fois par mois pour fixer les objectifs mensuels et détecter les besoins de l’entrepreneur sur lesquels travailler.

« Nous apportons une réelle valeur ajoutée grâce à notre réseau de partenaires, qui sont entrepreneurs ou dirigeants de grosses entreprises. Il permet une “interpollinisation” du milieu des startups, en apportant une expertise aux entrepreneurs et en permettant aux formateurs de tâter le pouls de l’innovation environnementale et sociale de Casablanca » , explique Yasmine Berrada. L’incubateur vient aussi de lancer Jump Seat, qui permet aux entrepreneurs d’intégrer les incubateurs partenaires d’Espace Bidaya partout dans le monde.

New Work Lab

New Work LabCréé comme espace de coworking en 2013, le New Work Lab est toujours dirigé par sa fondatrice Fatim-Zahra Biaz. Désormais, c’est aussi un accélérateur de startups (New Work Class). Présent à Casablanca et Khourigba, New Work Lab organise, en outre, de nombreux événements fédérateurs. « Nous accompagnons cette année 80 entrepreneurs. Ils étaient 40 l’an dernier et 75 % d’entre eux vendent aujourd’hui leurs produits ou développent leur communauté », indique Fatim-Zahra Biaz. L’accompagnement dure quatre mois, après une sélection qui retient moins de 10 % des candidatures. « Des ateliers et des formations sont proposés aux entrepreneurs. Nous passons en revue toutes les étapes pour monter son entreprise. Et nos différents événements sont l’occasion de les mettre en avant », explique Fatim-Zahra Biaz. Parmi eux, le « Pitch Lab », qui met en compétition des startups le temps d’une soirée, ou encore la « New Work Lab Expo », une soirée de présentation de startups et de réseautage.

Le New Work Lab va bientôt ouvrir une nouvelle branche à Safi. « C’est la sixième ville du Maroc, dont l’économie est dominée par l’artisanat et l’industrie du poisson. Nous explorerons de nouveaux modèles d’entrepreneuriat qui pourront être duplicables à l’échelle nationale », assure Fatim-Zahra Biaz.

CEED

CEEDCette ONG américaine s’est implantée à Casablanca en 2013. Elle déploie trois programmes : le CEED Go to market destiné aux porteurs de projets, le CEED Grow destiné aux entrepreneurs en phase de croissance, et le CEED Network qui s’adresse aux entrepreneurs lauréats de CEED et qui vise à créer une communauté d’entrepreneurs.

« CEED se concentre sur son ADN : mentoring, networking et peer to peer learning. Nous estimons notamment qu’un entrepreneur ne peut apprendre que d’un entrepreneur comme lui, car il a fait face aux mêmes défis pour réussir son parcours entrepreneurial », explique Sara Elmahi, Chef de Projet au sein de CEED.

Le CEED Go to market dure trois mois et réunit 20 entrepreneurs sélectionnés sur concours qui participent à deux ou trois ateliers par semaine. « Les ateliers se déroulent selon trois phases : imaginer l’offre, puis une étape MVP (Produit Minimum Viable) et, enfin, un accompagnement dans le pitch to investors », précise Sara Elmahi. Le programme a été arrêté l’an dernier, mais il vient d’être relancé.

Le CEED Grow dure six mois et s’adresse aux entrepreneurs présents sur le marché depuis au moins trois ans. L’objectif est de les amener à une phase de maturité. « Il existe une fiche de route, ainsi que toute une série de labs d’échange, de formations, de workshops, de networking. L’objectif est de sortir de la salle avec des solutions concrètes. Sans oublier le mentoring assuré par des entrepreneurs », indique Sara Elmahi.

Rémy Pigaglio

 

Bientôt un programme pour les startups à la CFCIM

La CFCIM va bientôt créer son propre programme d’accompagnement des startups. L’idée est de faire bénéficier les jeunes entrepreneurs innovants du réseau, de l’expérience et des investissements des 3 750 entreprises adhérentes. Les entrepreneurs sélectionnés disposeront d’un espace de coworking. Après quelques mois en incubation, ils concluront un partenariat avec un parrain au sein de la CFCIM pour mettre en œuvre leur projet. Un appel à candidatures aura lieu chaque année.

 

Lamiae Benmakhlouf3 questions à Lamiae Benmakhlouf, Directeur Général du Technopark

Qu’est-ce que le Technopark, pionnier des incubateurs créé en 2001, offre aujourd’hui aux jeunes entrepreneurs ? Le Technopark est non seulement un espace d’accueil des startups, mais c’est surtout un écosystème composé de plusieurs institutions qui partagent notre vision. Citons le Réseau Entreprendre Maroc, l’Association des Femmes Chefs d’Entreprise du Maroc (Afem), le Centre des Jeunes Dirigeants (CJD), Enactus, le Maroc Numeric Fund (dont le Technopark est actionnaire), XHub, Happy Ventures, etc. Nous sommes aujourd’hui implantés à Casablanca, Rabat et Tanger. Depuis 2001, nous avons accompagné 900 entreprises, dont 265 sont actuellement hébergées sur les trois sites.

Les collaborateurs de ces entreprises sont formés gratuitement par le Technopark sur différentes thématiques : management, leadership, développement personnel, etc. Il ne s’agit pas seulement d’être présent physiquement au Technopark, mais de participer aux événements et aux formations et aussi d’animer des formations. Les entrepreneurs sont mis en relation avec les investisseurs et les banques. Nous mettons égalementà leur disposition un guichet unique (CNSS, CIMR, assurances, services de la commune, Anapec, etc.). Nous sommes un facilitateur pour les startups, nous leur offrons de la visibilité et leur permettons de « scaler ». Pour les startups, le Technopark est devenu un label, un gage de crédibilité auprès des investisseurs et de nos partenaires.

Le Technopark va-t-il poursuivre son déploiement en région ?

Nous avons une stratégie de régionalisation. Nous sommes sollicités par plusieurs villes et réfléchissons pour choisir notre prochain site d’implantation. Il est important de donner ses chances à tout citoyen marocain, quel que soit le lieu où il vit. Par ailleurs, il existe un défi en matière d’employabilité : souvent, le marché de l’emploi dans les villes en régions est limité. En nous implantant, par exemple, à Agadir, nous pourrions nous ouvrir aux secteurs du tourisme, de la pêche ou encore de l’agroindustrie. La ville disposerait alors un vivier d’entreprises technologiques qui lui apporterait une vraie valeur ajoutée.

Le potentiel est là et c’est à nous d’aller le chercher. Quelle que soit la région, dans une communauté de 100 personnes, nous pouvons identifier au moins une ou deux personnes créatives, c’est pourquoi nous devons déceler ce potentiel et ne pas laisser ces personnes livrées à elles-mêmes. La logique d’écosystème, d’implication des acteurs locaux, c’est ce qui a fait la réussite de la Silicon Valley.

Quels sont vos projets à l’international ?

Nous sommes impliqués dans la création du Technopark d’Abidjan, un projet en codéveloppement, une cocréation basée sur la synergie. Nous accompagnerons les Ivoiriens pour mettre en place les best practices et leur éviter ainsi de répéter les erreurs que nous avons faites. C’est un projet pilote et plusieurs pays africains se sont montrés intéressés par le concept.