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Congo

Maroc-Congo Brazzaville : une embellie des relations

Date de publication : 16 mai 2017 Rubrique : Echos international

Entretien avec Djenaba Konta, Directrice Générale d’ASKA International

Djenaba KontaComment évoluent les relations économiques entre le Maroc et le Congo-Brazzaville ?

Le Congo et le Maroc entretiennent, de longue date, d’étroites relations diplomatiques et économiques, régies par un très grand nombre de conventions bilatérales. Fidèle à sa stratégie de diplomatie économique visant à faciliter le déploiement des entreprises marocaines dans les pays partenaires, la visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Brazzaville, en 2006, avait pour objectif de renforcer les liens économiques entre les deux pays. En 2014, le Congo est alors devenu le 7e client du Maroc (captant 5,1 % des exportations marocaines) et son 5e fournisseur en Afrique subsaharienne, derrière l’Afrique du Sud (37 %), le Nigeria (14 %), le Gabon (5 %) et Madagascar (4,7 %). Cette amélioration des relations commerciales entre le Congo et le Maroc, bien qu’en deçà des potentialités réelles, arrive après une période de fortes fluctuations des transactions entre les deux pays, voire une régression considérable en 2012.

Quelles sont les spécificités du marché du Congo-Brazzaville ?

L’économie congolaise, peu diversifiée, repose essentiellement sur l’exploitation des hydrocarbures, principal pourvoyeur de réserves de changes qui représentent environ 90 % des exportations et près de 75 % des recettes du pays. Après les bons résultats enregistrés entre 2011 et 2014 avec un taux de croissance moyen de 4,2 %, l’économie congolaise fait face, depuis ces deux dernières années, à des difficultés majeures dans un contexte mondial de baisse du prix du baril de pétrole.

Dans ces circonstances, le Gouvernement congolais, qui a pour objectif de faire du Congo-Brazzaville un pays émergent à l’horizon 2025, a entamé des réformes et a érigé la diversification de l’économie congolaise en priorité. Une stratégie de diversification qui mettra notamment l’accent sur la construction des infrastructures de production, le soutien à la création des entreprises agricoles et la transformation des ressources naturelles du pays.

Quels sont les secteurs les plus porteurs ?

Il faut noter que le Congo dispose d’importants gisements de minerai de fer ainsi que d’un potentiel agricole immense. Les secteurs qui contribuent le plus significativement à la création de la richesse nationale sont les hydrocarbures, les mines, la foresterie et l’agriculture loin derrière.

Pour ce qui concerne le premier secteur, le Congo produit actuellement 232 000 barils/jour et sa production journalière d’or noir devrait passer à 290 000 barils/jour en 2017 pour atteindre plus de 350 000 barils/jour en 2018. Avec des réserves estimées à 8,25 milliards de barils, le Congo devrait se positionner comme 3e pays producteur de pétrole en Afrique subsaharienne.

En dehors des industries extractives, essentiellement pétrolières, et du secteur tertiaire, en croissance régulière (23,5 %), la part des autres secteurs dans le PIB reste marginale : BTP (4,3 %), industrie manufacturière (4,7 %), agriculture et élevage (3,8 %), extraction gazière (0,7 %).

Quelles sont les opportunités pour les opérateurs et investisseurs marocains ?

Le marché congolais offre beaucoup d’opportunités pour les entreprises marocaines évoluant dans les secteurs des hydrocarbures, de l’agroalimentaire, des BTP, du bois, du tourisme et des services financiers. En effet, la demande de plus en plus croissante en produits alimentaires non satisfaite par la production locale et les nombreux projets de construction et de réhabilitation des infrastructures routières, ferroviaires et portuaires, représentent un potentiel certain pour les entreprises marocaines.

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