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e-gov

Le programme d’e-gouvernement poursuit son développement

Date de publication : 17 avril 2017 Rubrique : Zoom

Volet phare des plans Maroc Numéric 2013 puis Maroc Digital 2020, la transformation numérique des administrations marocaines est en bonne voie. Certains ministères ont débuté leur mutation très tôt et font figure de modèles, tandis que d’autres peinent à rattraper leur retard.

Lancé dans le cadre du plan Maroc Numéric 2013, e-gov, le programme d’e-gouvernement du Royaume, vise à rapprocher l’administration des besoins des usagers en termes d’efficacité, de qualité et de transparence. Selon le site egov.ma, « l’objectif est d’exploiter les technologies de l’information et de la communication pour reconfigurer en profondeur les processus, les rendre efficaces et efficients, totalement orientés au service du citoyen et de l’entreprise ». Une telle ambition exige une collaboration transversale entre les administrations, ce qui rend parfois difficile la progression.

Des progrès réguliers…

Rapidement, plusieurs ministères se sont engagés sur la voie de la dématérialisation et ont modifié profondément leurs pratiques. Le portail Service-Public.ma s’est alors positionné comme le point d’entrée pour tous les citoyens désirant entamer des démarches administratives, tandis que consulat.ma a été créé pour les MRE (Marocains Résidant à l’Etranger). Dès lors, un nombre grandissant de services en ligne a vu le jour : règlement des factures, paiement de la vignette automobile, demande de passeport, obtention du casier judiciaire, inscription au permis de conduire, recherche d’emploi, gestion de la retraite, dénonciation d’actes de corruption, dépôt de réclamations, etc. La liste s’allonge régulièrement et les applications mobiles sont de plus en plus présentes. Ainsi, il est par exemple possible de recevoir et payer ses amendes avec l’application « Infraction routières » directement depuis son téléphone !

Du côté des entreprises, le programme e-gov est également très actif. L’administration fiscale et la CNSS, qui ont généralisé la télé-déclaration et le télé-paiement, font figure de modèles. Leurs systèmes facilitent la gestion des sociétés et offrent plus de transparence à tous les acteurs.

De même, la création d’entreprise est rendue plus simple avec les nouveaux services, tandis que la recherche et le dépôt de marques sont possibles sur le site de l’OMPIC. Par ailleurs, de nombreux appels d’offres publics sont traités en ligne et un nombre croissant d’administrations offrent une gestion totalement dématérialisée aux professionnels. Parmi elles, il faut entre autres citer PortNet, le guichet portuaire de l’ANP, ou encore le système BADR, pour le dédouanement en ligne des marchandises.

… à accélérer

En dépit de ces nombreuses avancées, certains services importants manquent encore pour faciliter la vie des citoyens et des entreprises. Ainsi, les services communaux et l’état civil, qui sont pourtant parmi les plus fréquentés, semblent être les moins connectés. Le site watiqa.ma, fruit d’un partenariat entre Poste Maroc et le Ministère de l’Intérieur, permet de commander quelques documents administratifs mais seulement pour certaines communes. Le cas échéant, la demande est transmise au bureau local qui doit ensuite traiter la demande en interne et envoyer le document par courrier.

En 2016, le Département des affaires économiques et sociales des Nations-Unies (DESA) a placé le Maroc à la 85e place de son classement sur le développement de l’e-gouvernement (rapport bisannuel), après l’avoir classé 82e en 2014 et 120e en 2012. Ce classement, dominé par le Royaume-Uni, le Japon et l’Australie, prend en compte la disponibilité des services en ligne, l’infrastructure des technologies de l’information ainsi que la capacité des ressources humaines à promouvoir et à utiliser les TIC.

Le Plan Maroc Digital 2020, qui prévoit le traitement de 50% des démarches administratives en ligne, ainsi que la création d’une agence gouvernementale (voir article précédent), devrait permettre au programme e-gov de franchir un nouveau cap lors des prochaines années.

 

 Thomas Brun

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