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Djenaba Konta

Le Gabon, un partenaire de premier plan du Maroc

Date de publication : 10 février 2017 Rubrique : Commerce International

Interview de Djenaba KONTA, Directrice Générale d’ASKA International

 

Quelles sont les spécificités du marché gabonais ?

Cinquième producteur de pétrole en Afrique Subsaharienne (après le Nigeria, l’Angola, le Congo Brazzaville et la Guinée Equatoriale), le Gabon a l’une des économies les moins diversifiées d’Afrique Centrale puisque cette dernière repose essentiellement sur le
secteur des hydrocarbures. Toutefois, la baisse croissante de la production du pétrole ces dix dernières années, a poussé le gouvernement à se doter d’une nouvelle stratégie de diversification de l’économie vers les secteurs non pétroliers. Notons également que le Gabon est membre de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC), qui institue une zone monétaire commune (le francs CFA) ainsi qu’une zone de libre-échange avec la Centrafrique, le Congo, le Cameroun, la Guinée Équatoriale et le Tchad, jouissant ainsi d’une position de hub régional vers un marché cumulant près de 44 millions d’habitants. Enfin, le Gabon est membre de l’OHADA, Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires, qui offre un cadre d’investissement unifié et formalisé en partage avec 15 autres pays.

Quels sont les grands projets du pays et quelle est sa stratégie en matière de commerce extérieur ?

A l’instar de nombreux pays africains, le Gabon a initié, depuis 2009, un ambitieux programme de développement, le «Plan Gabon Émergent» (PSGE). Un programme qui a pour but d’améliorer la compétitivité du pays, de diversifier son économie, ce, dans une dynamique de croissance partagée bénéficiant à tous les Gabonais. La diversification de l’économie, véritable levier de développement économique du pays passera par l’industrie, le développement durable et les services.

Pour dynamiser son économie et réaliser ses projets ambitieux, le Gabon mise sur une politique d’attraction des investisseurs étrangers. La création d’une agence de promotion des investissements, de la zone économique spéciale (ZES) de Nkok et de zones franches à Franceville et sur l’Ile Mandji viennent confirmer cette tendance. Toutefois, en dépit de ces efforts d’ouverture, il semble que le Gabon doive renforcer son attractivité et son climat des affaires, à en croire le dernier rapport Doing Business qui le classe en 162e position (sur 189), soit une chute de 6 places par rapport 2015.

Quelles sont les opportunités pour les investisseurs et opérateurs marocains ?

Le contenu du PSGE et la stratégie de diversification de l’économie promue par le Gouvernement gabonais ouvre des opportunités d’investissements pour tous les opérateurs économiques, nationaux ou étrangers, et dans tous les secteurs d’activité. Parmi ces secteurs, nous pouvons citer les mines, l’agriculture, les infrastructures, l’industrie, l’exploitation minière, les services etc. A signaler que le marché gabonais est loin d’être inconnu pour les opérateurs marocains qui occupent une place incontournable dans les secteurs stratégiques (télécommunications, services financiers, assurances, BTP, transport, commerce, etc.). Enfin, les Gouvernements du Maroc et du Gabon entretiennent des relations bilatérales très étroites et ont procédé à la signature de nombreux accords de coopération destinés à sécuriser les investissements réciproques, mais aussi à renforcer les investissements dans des secteurs spécifiques tels que l’agriculture, l’alimentation, le tourisme, les mines, l’énergie, l’environnement, les télécommunications, le transport, la formation professionnelle ou encore le commerce.

Que conseillerez-vous aux entreprises marocaines qui souhaitent investir au Gabon ?

Le Gabon, comme la majorité des pays d’Afrique Subsaharienne, fait face ces dernières années à un intérêt grandissant de la part des investisseurs étrangers (notamment français), plaçant ainsi ces derniers dans un rapport fortement concurrentiel les uns par rapport aux autres. Bien que déjà présents au Gabon, les investisseurs marocains doivent garder cette concurrence à l’esprit et redoubler d’effort pour proposer une offre compétitive, qualitative, innovante et, surtout, rester en adéquation avec les objectifs de développement économique du pays axés sur des investissements durables, inclusifs et à forte valeur ajoutée.

Par conséquent, il est important pour l’investisseur marocain de structurer sa démarche d’investissement sur le long terme et dans une logique de profitabilité mutuelle (gagnant-gagnant) pour les deux économies, en faisant appel, par exemple, à des distributeurs, prescripteurs ou représentants locaux, ou en associant à leur offre un volet dédié à la formation en vue d’assurer un transfert de savoir-faire, etc.

Enfin nous conseillerons aux entreprises marocaines de se rapprocher des structures d’accompagnement pouvant les aider à réaliser des études de terrain préalables et de les mettre en relation avec les opérateurs économiques gabonais pertinents, et ce, afin de sécuriser leur démarche et, par conséquent, leur investissement au Gabon.

 

 

 

 

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