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Grand Casablanca

Casablanca-Settat, une « méga-région » à fort potentiel

Date de publication : 6 décembre 2015 Rubrique : Zoom

La nouvelle région Casablanca-Settat concentre plus de 20 % de la population marocaine, pèse plus de 25 % du PIB et dispose d’importantes infrastructures (aéroport, ports, autoroutes, zones industrielles…). Les provinces qui sont venues se greffer au Grand Casablanca constitueront des relais de croissance face à la saturation de la réserve foncière industrielle de la capitale économique.

Carte Casablanca-SettatCasablanca-Settat est, tout à la fois, la région la plus riche du pays, la plus attractive, la plus puissante économiquement et la plus diversifiée du Royaume. Le dernier découpage territorial de 2015, entrant dans le cadre du processus de Régionalisation Avancée, a accouché de cette « méga-région » ayant, naturellement, Casablanca comme capitale. Cette région, située au centre-ouest du Maroc, s’étale sur une superficie totale de 19 448 km2, compte deux préfectures, Casablanca et Mohammedia, et 7 provinces : Benslimane, Berrechid, El Jadida, Médiouna, Nouaceur, Settat et Sidi Bennour. Le nouveau découpage permet à la région de profiter des atouts et des complémentarités entre Casablanca, Settat et El Jadida.

Plus de 20 % de la population
La région est aussi la plus peuplée du Royaume avec environ 7 millions d’habitants, soit près de 20,3 % de la population totale du pays, dont 31 % de personnes vivant en milieu rural et 69 % en milieu urbain. Cette population se répartit entre Casablanca (3,4 millions d’habitants), El Jadida (800 000 habitants), Settat (650 000 habitants), Berrechid (500 000 habitants), Sidi Bennour (470 000 habitants), Mohammedia (420 000 habitants), Nouaceur (350 000 habitants), Benslimane (250 000 habitants) et Médiouna (180 000 habitants).

Par ailleurs, la région est bien dotée en infrastructures. Elle compte trois ports importants. Celui de Casablanca assure environ 40 % des échanges extérieurs du Royaume et voit transiter quelque 20 millions de tonnes de marchandises par an. Spécialisé dans les hydrocarbures, le port de Mohammedia représente, quant à lui, près de 15 % des échanges. Enfin, celui de Jorf Lasfar, situé dans la province d’El Jadida, a une vocation minéralière et conventionnelle. Il assure les exportations de phosphates et dérivés, ainsi que les importations de charbon destiné à la centrale de Taqa Morocco, de ferrailles pour Sonasid et de céréales. À ces infrastructures, s’ajoute le port de pêche d’El Jadida dont le tonnage s’établit autour de 7 000 tonnes.

25 % du PIB du pays
La région compte également l’aéroport inter- national Mohammed V qui concentre 40 % du trafic aérien et 51 % du trafic passager et par lequel transitent 43 000 tonnes de marchandises chaque année. De même, la région est bien desservie par le réseau routier et autoroutier (axes Rabat-Casablanca, Casablanca-El Jadida et Casablanca-Settat via Berrechid). De même, les grandes villes de cette région sont reliées par la voie ferrée, ce qui facilite les déplacements des voyageurs et le transport de marchandises. Tous ces facteurs contribuent à renforcer le poids économique de la nouvelle région Casablanca-Settat, qui pèse plus de 25 % du PIB marocain, 40 % de son activité commerciale et 60 % de son activité industrielle. Au niveau touristique, la région s’affiche comme une destination d’affaires privilégiée, en particulier pour la zone située entre Casablanca et El Jadida.

La région est connue pour son tissu industriel, qui est en grande partie localisé au niveau du Grand Casablanca. Elle abrite de grosses industries, opérant dans divers secteurs (cimenterie, raffinage de sucre, production d’électricité, sidérurgie, agroalimentaire), ainsi qu’une multitude de PME. La région compte aussi de nombreuses zones et Plateformes Industrielles Intégrées (P2I) qui contribuent fortement à la production industrielle et à l’exportation.

Avec une population de 7 millions d’habitants, soit près de 20,3 % de la population marocaine, la région Casablanca- Settat est la plus peuplée du royaume.

Complémentarités régionales
Profitant de la saturation du Grand Casablanca, la province de Settat connaît également une dynamique industrielle. Outre le domaine du BTP (cimenterie, tuyauterie, carrelage), plusieurs activités se développent au niveau de cette région qui présente plusieurs atouts : une proximité avec le Grand Casablanca, des infrastructures de qualité (réseau autoroutier et ferroviaire) et une offre foncière importante.

De même, la province d’El Jadida se taille une bonne place dans la production industrielle régionale mais aussi nationale. La zone industrielle de Jorf Lasfar abrite en effet des industries lourdes, en particulier l’écosystème mis en place par le groupe OCP, ainsi que de nombreuses unités, dont celles de Taqa Morocco (centrale électrique), de Sonasid (sidérurgie), de Winxo (distributeur de carburants) ou encore de Fer- tima (engrais).

Par ailleurs, les provinces d’El Jadida et de Sidi Bennour, situées dans l’ancienne région Doukkala-Abda, constituent une région agricole par excellence. La région produit notamment des fleurs, des fruits et légumes, de la viande rouge, de la betterave à sucre, des céréales d’automne et du lait. Ces deux provinces comptent plusieurs unités de transformation et de valorisation de betteraves à sucre, de lait, de céréales ou encore de câpres. Dans la nouvelle configuration, elles peuvent s’appuyer sur des infrastructures de qualité et s’ériger ainsi en pôle agro-industriel.

Locomotive de l’économie nationaleCapture d’écran 2015-12-04 à 3.34.01 PM
Globalement, les productions des secteurs industriels et agroalimentaires de la région Casablanca-Settat sont
destinées en priorité au marché national. Il n’en demeure pas moins que la région contribue fortement aux exportations du pays en assurant 47 % de l’ensemble des expéditions. Fort de son poids économique, la région souhaite maintenir sa position de leader en misant sur son potentiel exceptionnel. C’est dans cette optique que la région Casablanca-Settat s’est dotée d’une vision régionale qui implique, à travers une approche participative, différents acteurs concernés par la gestion de la chose locale et régionale.

Pour atteindre ses objectifs, la région compte s’appuyer sur ses diverses richesses et ressources, son patrimoine, ses infrastructures, son important potentiel agricole ou encore ses réserves foncières. L’actuelle reconfiguration permettra ainsi d’imprimer une nouvelle dynamique à l’activité économique et industrielle dans toute la région, dans la mesure où certaines activités du Grand Casablanca peuvent être transférées vers des zones industrielles d’El Jadida ou de Settat.

En outre, la région dispose d’énormes potentialités qui feront d’elle une destination privilégiée pour les hommes d’affaires désireux d’investir dans des secteurs vitaux de l’économie. En effet, la région Casablanca-Settat jouit d’une certaine attractivité auprès des investisseurs. Elle pèse 57 % du total des investissements du pays.

Settat et El Jadida en relais industriels
Dotée d’un port minéralier performant, El Jadida est aujourd’hui la première plateforme mondiale en matière de phosphates et dérivés. La ville va jouer un rôle fondamental dans les années à venir grâce aux importants investissements que réalise le groupe OCP. L’extension du port en eau profonde permettra de répondre aux enjeux de développement de la région. Sa capacité devrait passer à 54 millions de tonnes et accompagner ainsi la mise en place de la plateforme industrielle baptisée Jorf Phosphate Hub (JPH). Cette dernière devra abriter 10 unités intégrées d’engrais, une unité de dessalement d’eau de mer, de nouvelles unités de conditionnement des phosphates, etc. En parallèle, MEDZ a lancé l’extension de la zone d’activité chimique de Jorf Lasfar. Une surface de 100 hectares a été dédiée aux industries chimiques ou lourdes, dont une partie a été réservée aux PME de l’industrie de la chimie-parachimie, de la métallurgie et de l’énergie.

De même, grâce à la réserve foncière de la région Chaouia-Ouardigha, Settat pourra incarner l’avenir industriel de Casablanca aux côtés d’El Jadida, plutôt spécialisée dans les industries chimiques et parachimiques, énergie et métallurgie. Avec ces atouts et potentialités encore inexploitées, la région Casablanca-Settat compte relancer son développement économique et social et attirer ainsi des industries opérant dans des secteurs variés (agroalimentaire, BTP, énergies renouvelables, etc.).

Rachid Hallaouy